vendredi, octobre 29, 2021

Só danço Samba

Emballée dans le nuage qu’il me tend, je suis douceur, caresses, je me colle à son âme et me laisse bercer au rythme de ses mouvements. Sa peau contre la mienne est la carte qui nous unit. Sa bouche est chocolat fondant, sous ma langue, la sienne qui explore. Il sourit, encore et encore et une faim inextinguible s’empare de moi.



Je voudrais rester là pour le restant de mes jours, à tanguer d’un bout à l’autre de l’univers qu'il construit, petit à petit autour de nous. Il est une île au milieu de flots transparents, je n’ai qu’à me laisser porter par ses baisers, ses embrasements et embrassements, son désir est le mien. Je le vois auréolé du ciel bleu acier, tellement qu’il pourrait blesser les yeux, les contours sont nets. Un matin accompagné du cri des goélands gourmands et le bruit des flots qui cognent sur le bateau. Un navire pour Cythère? Une illusion de plus?




dimanche, février 14, 2021

Eblouissement ( extrait roman)

Elle ne peut plus penser qu'en terme de brûlures, anesthésiée par un parfum sauvage, une peau de soie, tiède, que l'on ne peut cesser de caresser... Une étreinte à mille bras, une enveloppe de sécurité absolue. Jamais elle n'a ressenti cette protection, complète, authentique. Des bras dans lesquels on peut mourir en paix, sachant que la vie est accomplie. Le combat peut cesser, les armes ne sont plus nécessaires. Elle peut se livrer, se donner, sans arrières pensées. Son corps est un instrument de musique, et celui qui en joue est un virtuose.



Vagues et marées envahissent son corps, parfois furieuses, parfois apaisantes. Ecume déchaînée ou sable fin qui s'échappe doucement. 

Sa peau obéit à ses mains, longues, fines et pourtant puissantes. L'une est posée sur la fleur entre ses cuisses, imprimant des notes jamais jouées, des décharges qui illuminent ses veines, sa colonne vertébrale est le conducteur d'un plaisir qui monte en une progression régulière vers son esprit, sa conscience, jusqu'au feu d'artifices et c'est là qu'il décide d'entrer en elle. Une colonne de chair qu'elle appelle depuis la nuit des temps, lente, insistante, de plus en plus profonde, elle devient liane pour épouser chaque geste, l'enserre entre ses jambes, toujours secouée par la jouissance, des lames de fond déferlent. Elle veut voir ses yeux, elle veut l'inviter dans son monde, y voir l'Eden dans lequel elle est déjà. Il l'embrasse, entre en elle partout, plus fort et plus brutalement, un bras sous ses reins, la symphonie des sexes réunis, vogue doucement vers son apothéose. Il murmure: " ne me quitte plus jamais!" et accélère ses mouvements, elle l'aime déjà. Sait déjà qu'elle ne pourra plus se passer de lui. Elle la guerrière solitaire, elle se rend. Il est tous les hommes, il est son tout, un rêve informulé.

dimanche, février 07, 2021

Rencontre (extrait roman)

Quoique l'on fasse dans la vie, le désir est toujours omniprésent. Alex vit comme un moine, ne veut pas s'encombrer de sentiments. D'autant plus que cela pourrait mettre une personne innocente en danger. Le sexe est une question d'hygiène, et c'est dans les temps morts qu'elle se rend dans un bar. Lève une proie facile. Décharge le stress accumulé lors de ses missions. C'est souvent violent, cru et surtout sans passion. Cette porte là est résolument fermée. Toujours dans un hôtel, jamais chez elle. L'anonymat est son credo. Jusqu'à présent, ce plan fonctionnait très bien. Elle est belle quand elle veut s'en donner la peine, séduire quelqu'un est facile. Elle se permet un bel homme bien fait de sa personne, de temps en temps. Bloque tout sentiment incongru. C'est son moment de détente, un jeu de séduction qu'elle adore. C'est naturel, elle sait faire parler ses yeux et son corps quand et au moment où elle le désire.


 

La nuit a embrassé Venise, tout est encore plus silencieux et mystérieux, ses talons claque sur le marbre de San Marco, elle choisi le Harry's Bar. Le contraste lui saute à la gorge. Rempli de touristes de passage, ambiance bruyante, vaisselle martyrisée, conversations animées, décors tout en bois poli, brillant, du travail d'artiste, ce bois chaleureux, comme celui des magnifiques Riva qu'elle voit circuler sur les canaux. Elle commande un Negroni, va s'asseoir à une table, dans le coin près de la fenêtre. Grignote les quelques olives servies avec son cocktail, les yeux dans le vague, tout en caressant inconsciemment et d'un geste sensuel, ce bois blond et doux. Elle balaie la salle du regard, il y a bien le blond musclé à au bout du bar, qui lui jette des regards intéressés. Mais non, pas son style, bellâtre, trop sur de lui, trop touristique...Elle plonge dans ses pensées, tripote nerveusement une olive, pense qu'elle est peut-être assise là ou Orson Welles a posé son majestueux popotin, ou celle d'Ernest Hemingway, on dit qu'il a pas mal séjourné ici, devenu l'ami de Cipriani, premier tenancier des lieux.

La porte d'entrée s'ouvre, elle sort de sa torpeur, les sens en éveil, un homme de belle stature entre, tout en noir, cheveux en catogan, il sort du lot, regard vif et inquisiteur, passe la salle au radar, fait un signe de tête à quelqu'un derrière lui, celui qui le suit est époustouflant, une puissance maîtrisée annoblie, difficilement contenue dans un corps élastique qui voudrait se faire discret. Barbe soignée "hipster", il sourit au barman qui le salue avec un large sourire: Signore, buona sera! Un habitué?

Longues mains fines et soignées, puissantes elles aussi. Un intello, un homme d'affaires, un rentier, un aristocrate? Tous ses sens auraient du clignoter au rouge, la prévenir d'un danger, le pire de tous, celui de tomber sous le charme et d'oublier les serments qu'elle s'est fait. Malheureusement pour elle, et comme beaucoup de femmes, elle aime le danger et l'éternel défi du "bad boy". 

Là, elle est comme toutes les autres dans ce bar, à discrètement le détailler des pieds à la tête, toutes en pâmoison, espérant une invitation du regard, un sourire. Elle pense avec force: sortir du lot, sortir du lot. Il est magnifique et il le sait, mais c'est d'autant plus excitant, la chasse va être intéressante, soit elle le ferre, soit c'est le fiasco, elle rentrera bredouille, parce que ce soir, c'est lui et personne d'autre. 

C'est là, précisément qu'il faut feindre l'indifférence. Elle pose le coude sur la table, le menton au creux de la main, le regard perdu, héroïne éplorée, vulnérable sortie tout droit d'un livre de Jane Austen, l'écorchée vive, intelligente, mais non reconnue, regard posé au delà de l'horizon, elle ne le voit pas, il n'existe pas. Pas dans son champ de vision. Elle baisse la tête regard en dessous. Oui, il la voit. Mais il est de marbre et semble être emporté dans une discussion sérieuse. Dans un univers qui lui appartient.

Une demi heure, ou un siècle, pas de réaction, les deux hommes discutent, sans se préoccuper du monde qui les entoure. Ils sont pourtant le centre de l'attention, principalement féminine. Elle déteste ça, elle se sent comme un boxeur vaincu et jette l'éponge de l'abandon. Ce n'était qu'un éblouissement passager. Parfois il faut savoir reculer pour mieux sauter. Un dernier regard circulaire, elle dépose un billet de vingt euros sur la table et se dirige vers la sortie. 

Dehors elle respire à pleins poumons, les embruns, la lagune réconfortante. Les gondoles sont là, alignées sagement, bercée par une mer tranquille sous une pleine lune étincelante, enchanteresse.

Dans le bar, Vlad griffonne quelques mots sur une carte la tend à Louis qui se lève et sort à son tour. 

Il se dirige vers elle, elle ne le voit pas. Statue, déesse. Il s'approche et tend la carte. Elle le reconnaît. Lui, le compagnon, elle le dévisage, interloquée. Sa partie de chasse prend un tour auquel elle ne s'attendait pas. Accepter, c'est faire acte de soumission, elle se mettrait en danger. Refuser, c'est passer à côté d'un homme vraisemblablement hors du commun. Mais aucune certitude. Une belle enveloppe n'est pas suffisante, ce n'est qu'une enveloppe. Risquer sa peau pour une enveloppe, c'est trop léger dans la balance de la raison.

Elle prend la petite carte couleur crème, belle facture, belle typo, racée et élégante comme le nom qui s'y trouve: "J'aimerais voir vos cheveux soulevés par un vent léger, voler votre souffle et l'emporter dans une petite boîte, contre mon coeur. Emmenez moi... Attendez moi. 

Louis lui indique une gondole et l'invite à embarquer. Il lui tend la main, mais là, elle est paralysée, elle perd le contrôle et elle déteste ça.

L'instant d'après, Il est près d'elle. Louis la salue et s'en va. Il sourit, plonge un regard moqueur dans ses yeux, vert de gris. Il est tout près. Parfum sauvage, et présence envoûtante. Il lui tend la main, elle la prend, chaude, sèche, légère, il l'invite, elle le suit. Au gondolier il donne un ordre: Ca'Dario per piacere!

Elle marmonne: étonnant! le palais maudit et inhabité. Il se laisse aller dans le siège répond: "il n'est plus inhabité depuis hier, mais peut-être est-il toujours maudit". Elle tourne son visage vers lui, si proche: "il n'a plus été loué depuis des années, qu'avez-vous fait pour bénéficier de ce privilège? "

mardi, février 02, 2021

Les racines de la peur (extrait roman)

Nous avons tous peur, c'est intrinsèque, viscéral, puissant, imparable. La peur fait de nous qui nous sommes, toutes nos réactions sont construites à partir d'elle. Pour Alex, la pire de toutes était l'abandon, la négation d'une existence sans but. Plus de parents, élevée par un psychopathe manipulateur qui allait faire d'elle le monstre qu'il espérait utiliser dans ses plans machiavéliques. 

Au fil des jours, elle s'était blindée, avait construit, morceau d'acier après morceau d'acier, une armure à toutes épreuves. Inutile de s'encombrer de sentiments, d'amour ou d'émotions. ça c'était pour les faibles. Tout au moins le pensait-elle. Mais ses cauchemars de saut dans le vide, de défenestration, continuaient à la hanter. Le sang répandu, à tapisser ses rêves, elle avait perdu le sens du bien et du mal, si toutefois cette notion existait encore. 

Sin City, Eva Green

Une magnifique cuirasse étincelante qui la rendrait inaccessible. Des idées de vengeance sauvages lui barricadait l'esprit. La question qu'elle se posait à ce moment précis face à une mer houleuse, la question qui la hantait tous les jours était juste, comment? Comment allait-elle savoir qui serait sa première cible? 

Les yeux posés derrière l'horizon, elle se laissait aller à un songe, le jour de sa libération, rester là, face à l'immensité, dans cet appartement vénitien, acquis à la sueur de son front. Elle devisait façon Descartes, mais comme le tueur de "Collatéral" ou encore comme Denzel Washington, dans "Equalizer". Analyser la situation, repérer les cibles avant d'atteindre la principale. Evaluer les dangers et les armes à sa disposition, compter les secondes nécessaires pour accomplir efficacement la dernière mission qu'elle s'était attribuée. 

Ou plutôt, les deux missions. L'officielle et la souterraine, celle qui consistait à éliminer, un homme d'affaires encombrant, celle d'éliminer Pierre, celui qu'elle avait pris pour un père de substitution, mais qui s'avérait maintenant, être la cause de cette vie perdue, l'origine de la poupée tueuse qu'elle était devenue, un être dont la conscience avait été souillée à jamais. Une femme qui ne pourrait jamais en être une, totalement, complètement. Elle ne pouvait plus être de cette veine. Un peu comme Logan après son traitement à l'adamantium. 

Son cerveau établissait déjà le processus d'exécution, déformation professionnelle. Un rictus déformait son si joli visage. Elle ouvrit en grand la fenêtre coulissante donnant sur sa terrasse, sur cette vue magnifique qui pour l'instant ne la consolait pas du tout. Elle étendit les bras et se mit à respirer en cadence. Inspire l'iode, expire la haine. Il fallait qu'elle se débarrasse de cette détestation, celle qui rongeait ses tripes et la transformait petit à petit en animal. Action , réaction, réflexion. Il fallait reprendre le pouvoir, se calmer, réfléchir, échafauder, planifier et terminer avant que l'ennemi ne s'aperçoive de quoi que ce soit. La rapidité était primordiale. 

Petit à petit, l'air marin, ce vent qui effleurait sa peau, la calmait. Elle entra de nouveau dans son petit "palazzio" perso. Prit son portable et s'installa dans le divan moelleux. Que la guerre commence!

vendredi, janvier 29, 2021

Cauchemar, le vide sidéral

Au début, elle ne voyait pas...puis cet horrible cauchemar est revenu. Elle tombe dans le vide, un vide abyssal, plus de protection, pas de quartier. Au bout il y a la mort, des ténèbres étouffantes qui la menacent, elle et les siens. C'est pour ça qu'elle a peur des avions, des ascenseurs et des fenêtres diaboliques qui emportent ceux qui osent se pencher au dehors. Ceux à qui elle tient plus qu'à sa propre vie. Elle en a fait de ces violents cauchemars. Ils sont en slow motion, un chassis qui mange un bras et fait valser sa victime au dehors. Elle tombe et tombe dans un abîme sans fin, un oeil noir, énorme la regarde. Dans une autre vie, une défenestration , qui sait d'où vient cette peur? Elle a passé sa vie à faire le saut de l'ange, sans remords, sans jamais se retourner. 

Parfois c'était la catastrophe, parfois un baiser à l'éternité. Elle se sent comme dans le film "La Haine", pendant la chute elle murmure: "jusqu'à présent tout va bien. "




mercredi, janvier 27, 2021

La Vie comme un Roman

Premier exercice du master Doug Kennedy: écrivez votre quotidien comme si c'était un roman... Perplexe je suis, je dois bien l'avouer. Je peux éventuellement tout transformer à la troisième personne. Elle se lève la tête dans le brouillard, sait elle encore quel jour on est? Peu importe, plus que 2 nuits et c'est la sortie de prison. Dix sept ans de galère administrative, comme les 17 ans de mariage. Allumage de l'ordi et plongeon dans sa vie virtuelle, celle où elle ressemble à une bomba sexy et classy à la fois. Elle pense, de l'émotion, de l'émotion, c'est ça qui est important non? Tous les maîtres scriptor le disent, sans émotion, pas d'accroche, pas de lien avec ce lecteur qu'il faut séduire à tout prix. La séduction, elle connaît, une pratique naturelle chez elle. Signe d'abandon à la petite enfance pense-t-elle, besoin égotique et névrotique d'être vue, tout le temps, tout le temps, sinon elle meurt, elle cesse d'exister, comme cet objet quantique qu'on ne regarde pas, délaissé, humilié, ni vivant, ni mort. Le chat! Alors, elle retrouve l'amant, elle danse, elle parle, de tout, de rien, et lui, il est comme le loup face à l'agneau, il se pourlèche les babines en prévision d'une séance sexe qui ne saurait tarder. Seulement voilà, elle n'est pas d'humeur, l'esprit toujours embrumé par des rêves de midinette. Regarde moi, vois moi maintenant. Ce "voyez moi maintenant", celui de Dracula quand il désire Mina, lorsqu'affamé il pose un regard sur elle, amour éperdu, perdu dans le temps, jamais il ne pensait la revoir. Et pourtant la voilà, à la fois fragile et forte. Elle sait ce qu'elle veut et ce prince l'intrigue. La bête a disparu pour laisser place à cet homme magnifique qui la dévore déjà. Elle pose un masque sur son visage, mais pour qui me prenez-vous monsieur. Elle fait mine de s'enfuir, tout en espérant qu'il la suive. Il fait mieux. Il disparaît pour mieux réapparaître devant elle. Il lui prends la main et dit : "Permettez-moi de me présenter, Prince Vlad De Sequai, votre serviteur :). Elle cède, hypnotisée, déjà dans la passion.

C'est le rêve qui la hante depuis la nuit des temps, à travers toutes ses vies, elle a cherché l'autre pièce de son chaotique puzzle. Là, dans le virtuel, elle a des chances de le revoir et de revivre le rêve de l'embrasement soudain, total , complet. Même si elle quitte cette réalité fabriquée, son esprit reste là, elle anticipe déjà son prochain retour. Quelle robe, quels bijoux, quel yeux vais-je choisir, qu'il tombe en extase, pâmoison qu'elle pense mortel. Plonger dans les mots encore et encore, refuge, libération, elle décolle et se lance, ailes déployées, mordorées, un éclat de soleil sur les plumes noires, le cœur solidement accroché à ses rêves. Retour vers l'écran du réel, elle ouvre Spotify, allume une cigarette, ajoute le son, choisi Franz Zimmer, du velours pour ses oreilles. Le cappuccino dégringole lentement, le long de sa gorge et elle repart de plus belle. La vie c'est du cinéma, elle veut que sa vie soit un film perpétuel dans lequel, bien évidemment elle est la star. Évoluant au gré des notes, elle voit ces chevaliers de Sangreal, chevauchant des montures puissantes, stratégiquement ordonnés, galop séculaire. La charge finale, panache irrémédiable, c'est la mort qui les attend. A chaque fois, elle est obligée de ramener ses pensées vers l'écran, l'autre, dans ce monde parallèle qui tombe en lambeau.


mercredi, octobre 21, 2020

Under water love

Musique du jour: Under water love...


Mon esprit ne m'appartient plus, mon corps est pris à la gorge, collé au murs virtuels par toutes les sensations que je partage avec vous. Etrange réalité, à la fois si vraie, elle peut sembler dérisoire à certains, mais elle est magique pour moi. Toutes les émotions sont là, m'emportent comme une immense vague, me laissant pantelante sur la jetée, le ventre mangé par un buisson ardent, incessant, troublant. J'ai trop longtemps ignoré mon corps qui prend sa revanche, je ne contrôle plus rien, perdue au fond des regards de braises, de ces mains qui caressent, trouvent l'incandescence, me révèlent à moi même. La douceur me trouble bien plus que l'âpre contact que j'avais fait mien. Le pieux mensonge est dérisoire, face à l'amour, face à l'érotisme déployé, nuage sur lequel je m'allonge sans honte, je ne suis plus en contrôle et c'est cela qui me terrorise, je marche dans un épais brouillard attirée par des lucioles brillant au loin. Les amarres lâchent les unes après les autres, je me sens comme le Tristan de "L'Eternel Retour", entre Yseult la blonde ou Yseult la noire. 

Le muscle qui me sert de coeur est affolé par la vision que vous avez de moi, miroir où je me vois toute entière, une déesse. Est-ce moi? Et qui est ce "moi" qui m'échappe, glisse le long d'une pente, ou grimpe le long d'une montagne secrète. Un "moi" transcendé par vos yeux, par votre regard. A découvrir, à explorer. Le "non" n'est plus de mise. J'obéis à vos caresses comme un instrument, je deviens symphonie sous les doigts qui explorent, de mon corps nait une musique baroque, tumultueuse, tueuse. Une partie de moi doit mourir, je le sais. La détestation de ce corps que je trouvais encombrant. Dans toute ma naïveté, je pensais cette barrière infranchissable, et voilà qu'un flot m'emporte vers un paradis inconnu, votre chaleur, votre tendresse, votre érotisme brûlant m'électrise, mon sang devient lave, la brûlure sous la peau est constante, état second, décalage de conscience, le sexe en feu qui en redemande encore et encore... 

Mon cerveau n'est encombré que de quelques mots, je vous veux, je vous aime, encore, encore! Toutes les relations, mes rencontres avec les hommes ont été violentes, par ma faute, je ne savais pas qui ils étaient. Je veux me détacher de l'égo agissant sans pitié comme un serial killer. Devenir vulnérable et faible pour aller me lover dans vos bras qui m'enlacent. Me libérer de l'emprise d'un cerveau qui m'a tenue en laisse pendant des années, travail de sape constant. 

Laissez moi maintenant, toute à ma découverte, je marche lentement sur un chemin parsemé de baisers longs, langoureux, tranquilles, ils me laissent une trace de soleil au fond des veines. Je mords à pleine dents vos chairs généreuses, me promène sur vos pénis glorieux, goûtant vos parfums, vos semences, je fais la moisson de ces mots qui me bouleversent, suspendue à vos lèvres charnues, attendant la prochaine caresse, le prochain mot doux, murmurés au creux de mes oreilles. Je dépose mes armes sanglantes à vos pieds, je n'en ai plus besoin à présent.