On dit d’elle qu’elle est la petite chapelle Sixtine bretonne à cause de sa voûte peinte intégralement. Elle, c’est la chapelle Sainte-Suzanne, à Mûr-de-Bretagne, sur la commune de Guerlédan. Sa renommée tient au fait qu’un certain Roch-François Delaporte, peintre brestois, est l’auteur en 1723 de la fresque qui décore toute sa voûte. Une représentation de scènes de la Passion, mais aussi quelques scènes de l’enfer et du paradis. Sa vision ne laisse pas indifférent le visiteur qui à la curiosité d’ouvrir la porte de l’édifice. Comme Nolwenn Pinçon, il y a 26 ans. « Je me suis dit : c’est trop beau et je suis tombée amoureuse de la chapelle », s’exclame alors l’actuelle présidente de l’Association de sauvegarde de la chapelle Sainte-Suzanne.
Un déménagement et un miracle au XVIe siècle
Il y a le décor mais aussi la petite histoire qui attise la curiosité. « Sa date de construction du XVIe siècle mais son clocher est construit plus tard, au XVIIIe, raconte Nolwenn. Avant cela, il y avait bien une chapelle Sainte-Suzanne mais celle-ci se trouvait sur les hauteurs en haut de la côte de Menehiez, la fameuse côte de Mûr ». L’endroit était déjà sanctuarisé pour d’autres raisons. Mais au XVIe siècle, l’évêché de Tréguier a souhaité remettre sainte Suzanne au centre du village, malgré l’hostilité des paroissiens. Il a alors fallu construire une nouvelle chapelle mais surtout transférer la statue de sainte Suzanne, vénérée. La légende raconte que pendant le voyage, sainte Suzanne est tombée du char qui la transportait, a dévalé la côte avant de se retrouver debout au pied d’un chêne sans aucune égratignure. Les paroissiens y ont vu un signe et ont accepté le déménagement sur l’emplacement actuel.
Aujourd’hui, le site est un des hauts lieux touristiques du patrimoine religieux du Centre-Bretagne. Son enclos, les chênes multiséculaires qui l’entourent, donnent à l’ensemble une impression mystique. À l’intérieur, outre la fresque de Delaporte, on retrouve donc la statue de sainte Suzanne, qui ne sort aujourd’hui que pour son pardon, début juillet, mais aussi un bas-relief, un jubé, un retable. Un ensemble mobilier classé depuis 1956, quatre ans après le classement de la chapelle aux Monuments historiques.
1,50 M€ pour restaurer Sainte-Suzanne
Aujourd’hui, la chapelle Sainte-Suzanne fait son âge. En 2017, l’Association de sauvegarde de la chapelle voit le jour. En 2018, la ville participe au Loto du patrimoine et récupère 80 000 € pour financer la restauration de l’édifice. « C’est bien, mais il faudrait 1,50 M€ pour tout refaire, explique Nolwenn Pinçon. La toiture et les murs, à l’exception de ceux du clocher. Mais la présence de plomb et d’amiante bloque les travaux. Pour l’instant, nous n’avons pas de date ». Mais de l’espoir à l’image de la statue de sainte Suzanne toujours debout.
Pratique
Les visites guidées ont lieu du dimanche au vendredi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, avec les guides de la Sprev. Le samedi, un bénévole de l’association prend le relais. Contact : 06 85 53 67 56.
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