L'aube étend ses promesses de drames passionnels, d'homicides imparfaits et de suicides involontaires sur la barre d'un nouveau jour. Des ecchymoses de lumières sales s'attardent sur la chaussée jonchée de seringues, de tessons de bouteilles, de corps vacants. Je m'enfonce dans les rues anonymes d'un quartier où il pleut des rats. Des muses tatouées de portraits-robots viennent à ma rencontre, beautés exorcisées secouées de spasmes. La bouche pleine de métaphores, elles me psalmodient des prophéties insensées en exhibant avec fierté leur sexe mort, impatientes de me guider dans les galeries clandestines où elles exposent leurs tableaux d'apocalypses ordinaires.