Les médias ont été plus patients avec lui qu’avec Hillary Clinton, mais il est vrai que l’enjeu n’était pas le même. Clinton a pris son temps mais elle n’a eu besoin que d’une seule fois pour renoncer à sa candidature et apporter son soutien au vainqueur des primaires démocrates Barack Obama.
Ron Paul, élu du Texas au Congrès, représentait lors des primaires républicaines le courant « libertarien ». La philosophie « libertarienne » se résume en gros par le slogan : toujours moins d’Etat. Paul milite pour une politique étrangère non-interventionniste : il est contre la guerre en Irak, pour un retrait des Etats-Unis de l’OTAN et de l’ONU, pour une fermeture des bases américaines à l’étranger, pour une réduction des dépenses publiques. Il s’est constitué un réseau de soutiens sur le net et son livre « The Revolution : A Manifesto » est devenu un bestseller. Lors des primaires républicaines, il n’a jamais réussi à percer. Le 6 mars, il avait reconnu implicitement la victoire de John McCain : « McCain a le score suffisant pour gagner l’investiture… mais faire campagne seulement pour avoir le pouvoir est une chose, si vous faites campagne pour porter des idées et influencer l’avenir du pays, ce n’est jamais fini ».
Dans les mois à venir, au détour d’un paragraphe dans les journaux, peut-être aurez-vous des nouvelles de Ron Paul. Il veut poursuivre sa croisade pour une réduction du rôle de l’Etat et de l’interventionnisme de son pays à l’étranger. Il va lancer début septembre la « Campagne pour la Liberté ». « C’est la phase 2 de la révolution que cette campagne présidentielle a suscité », a déclaré le porte-parole de Paul, Jesse Benton.