Le maquis de karabakh entend le bruit des bottes

Publié le 12 octobre 2020 par Fabianus
Il existe une terre de tensions, parmi tant d’autres, qui se nourrit du sol de l’Azerbaïdjan mais dont jouit un peuple majoritairement arménien. Cette terre se nomme le Haut-Karabakh et, depuis 1988, la population de cette zone demande son attachement à l’Arménie.

A l’époque, ce fut un Niet péremptoire dans la bouche de Gorbatchev, le même veto fleurissant sur les lèvres des dirigeants de Bakou (capitale de l’Azerbaïdjan). Il s’agissait de donner raison à Staline qui, en 1921, avait octroyé la région à l’Azerbaïdjan bien que la sachant arménienne !

Soutenu par l’Arménie, le Haut-Karabakh obtient, au terme de 6 ans de conflits, son indépendance.  Indépendance toute relative car non reconnue à l’international. Depuis, la ligne de front reste figée et témoin de flambées sporadiques suivant calcul super chérot, car abaque (sue, perd chair, Haut-Karabakh).

Le 27 septembre, le conflit a dégénéré de manière brutale, sans doute à l’initiative de l’Azerbaïdjan, soutenu par le Turc Erdogan.

Armé par Ankara, Bakou, la musulmane, s’est modernisée militairement. Mais les aides ottomanes ne sont pas les seules en présence : des entreprises russes, israéliennes, mais aussi françaises, ont livré des armes à Ilham Aliev, le président de l’Azerbaïdjan, le fils de son père, Heïdar Aliev, ex général du KGB et spécialiste de la répression des peuples.

Le fils ne vaut guère mieux que le père auquel il a succédé en 2003. Il se spécialise dans les arrestations sommaires et ne veut rien céder à l’Arménie. Sa dernière déclaration en dit long, tant la défausse est haine :

- Si la France veut déterminer son propre destin pour le Haut-Karabakh, laissez-les leur donner la ville de Marseille, où près de la moitié de la population est arménienne !

On imagine Charles Aznavour se retourner dans sa tombe à l’écoute de cette Marseillaise venant d’un diable dont le cheval de Troie, en tant qu’arme, hennit !

Une trêve a été négociée entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays sous le parrainage de Vladimir Poutine, vendredi 9 octobre, à Moscou.

Dans ce jeu, Moscou travaille en hôte-rouble, qui soutient l’Arménie tout en livrant des armes à ses ennemis.

Ce cessez-le-feu a officiellement pour objectif d'échanger les prisonniers et évacuer les blessés, ce qui laisse présager d'une reprise des combats dans quelques jours.

Bakou, soutenu inconditionnellement par Ankara, affirme qu'il ne cessera pas ses basses œuvres martiales tant que les forces arméniennes n'auront pas quitté le Haut-Karabakh. Au comme il sent le soufre, le papier d’Arménie !

Une politique inflexible aux bas coups main non à bas coûts eu égard à l’effort de guerre de ce pays musulman : achat de drones turcs, armes antiradars made in Israël…

Une poudrière de plus dans les mains d’Erdogan, pyromane en série, qui attise aussi les braises du conflit avec la Grèce, en Méditerranée orientale.

    

Une étendue de monts, tout veinés de rivières

Où poussent à foison les fruits ensoleillés

Le jardin du Caucase, de son noir éclairé

Aspire jusqu’aux crêts à des paix millénaires.

Mais son cœur arménien secoué de menaces

Maudit encore Staline et les choix du passé

Le fracas des canons de l’ennemi juré

Déchire le silence d’effronteries pugnaces

Les accents azéris en crocs de va-t’en guerre

Emplissent l’horizon de combats à venir

Que le marché martial attise de plaisir

Le regard de Moscou et celui d’Ankara

Aux larmes d’Arménie, se posent, scélérats

Sur les bords d’une trêve aux harmonies amères…