" Lhassa, enfin! Lhassa s'est présenté à nous à la mi-journée, après des heures de descente lente vers des vallées de plus en plus vertes et de plus en plus peuplées de yaks sombres, de maisons blanches aux toits plats et de drapeaux de prières égrenés le long de cordes qui, tendues autour d'un axe, formaient des chapiteaux multicolores.
Lhassa, enfin; (...)"
Lhassa en ... train. Car aujourd'hui Lhassa est reliée à Pékin par une ligne ferroviaire, traçant la volonté du gouvernement chinois d'extraire le Tibet de son isolement. Si la situation présente quelque avantage, elle change par trop radicalement la physionomie de l'ancienne cité interdite, celle dont Alexandra David-Néel franchit les portes, en 1924, clandestine, déguisée en mendiante, accompagnée de son fidèle Aphur Yongden
" Le Tibet est ce grenier du monde où l'on ne monte presque jamais, où dorment les secrets de famille dans des malles à souvenirs. "
Traversé par le fantôme de l'exploratrice, le récit en souligne les exploits à l'aune de conditions de voyage actuelles nettement plus confortables et sécurisées , ne fût-ce que sur le plan sanitaire. Une façon élégante de rendre hommage à une future centenaire qui avait le coeur bien accroché. De rendre justice aussi à Aphur Yongden, son compagnon de route, qu'elle adoptera et à Philippe Néel, son mari, confident épistolaire, aide logistique primordiale.
" Néanmoins, le Tibet touche. On n'en revient pas indemne (...) "
C'est tout le bien que je vous souhaite à la lecture de ce récit intègre.
Apolline Elter
Dans les pas d'Alexandra David-Néel - Du Tibet au Yunnan
Par Eric Faye et Christian Garcin, récit, Ed. Stock, avril 2018, 320 pp