Elle avait peu de photos d’enfance modeste ; au milieu des serres, roses du val de Loire. Elle avait gardé cette attirance détournant la tête les silhouettes arrêtées hésitaient perplexes se dandinaient d’un pied sur l’autre à la volée, un appareil en carton. soudain un trou d’aiguille la chambre noire. au tirage tout gris. Pas de lumière, l’obscur de la peau
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Elle avait une petite marque au bras, dont elle n’aimait guère parler
marques, jours, tours dont elle n’aimait pas parler. N’osais demander
Elle savait surprises, en ménageait la période qui lançait après longtemps, un soir bien sûr marque de fabrique, pourrait-on dire. Ou péril, et l’adresse, l’esquive
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Elle avait curiosité pointillée. passions devant bâtiment discret biscornu par exemple en parlant de ces murs ces arêtes ces baies de verre, de t’ennuyer soudain piquée. Elle posait toutes sortes de questions, et sur tous les tons. Nous ne parlions plus d’architecture rien d’ailleurs à en dire, de la buée. Je me demandais : buée, les deux faces de la vitre Du doigt dessiner, sans y penser, l’espace où nous vivions
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(peu de photos)
Le portique la balançoire au milieu du (modeste) décoré comme on le fait par là.
Bouge c’est flou fantomatique je reconnais tu te ressembles je ne crois pas.
Prête-moi ton œil.
Un gamin qui joue vers 1520.
Faut lire entre les lignes bien sûr le reste tout gris.
Qui nous surprend toujours lorsque (imagine) et parfois les (fermés)
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(Une petite marque au bras)
Je lui connaissais ou ignorais une pleine malle sur des roulettes minuscules.
Moi idem.
Je ne sais plus quoi.
Au zoo.
L’esquive tu parles miné comme du gruyère un coup d’épée l’espion crevé.
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(curiosité pointillée)
Le long de la route départementale 50 nous et foule qui d’autre.
Petite usine admire.
De métal ma maladresse OK et de verre.
Sur les lunettes à quoi ça sert un nuage il fait chaud il fait froid que dire.
Elles sont si proches le paysage inversé la direction du regard duraille cligne
pendu à l’espagnolette.
En boitillant.
Daniel Pozner, A Lurelure, extraits des parties 1, (pp. 11, 12 et 18) et 2, (pp. 62, 63 et 69), couverture, collage de Jiří Kolář, Propos2éditions, 2017, 112 p. 13€.
Daniel Pozner dans Poezibao :
Bio-bibliographie, extrait 1, extrait 2, contribution séminaire P. Drogi, Hommage à Chris Marker, "Trois mots", par Véronique Vassiliou, (anthologie permanente) Daniel Pozner