2084, le dernier roman de Boualem Sansal (Gallimard, 275 pages, 19,50 €) ne s’impose pas à la légère comme l’un des événements principaux de la rentrée littéraire, car il se présente comme un brillant et inquiétant texte d’anticipation, dans le sillage du 1984 de Georges Orwell ; il devrait faire réfléchir plus d’un lecteur. L’auteur, adversaire avisé d’un politiquement correct dans lequel il voit avec raison le « cancer du monde », plaide pour l’impertinence, l’irrévérence à l’égard des religions en général et de l’islamisme radical en particulier, même si, au fil des chapitres, cette mouvance se dissimule toujours derrière une grille codée dont on acquiert facilement la clef de décryptage.