Hier soir miracle ! Ma langue dans son entier a été irradiée par de l'intense, du pur, de l'incomparable. L'exquis, le pur oui, le vrai, l'inoubliable. Explications : Je m'étais collé un carré de "Lindt noir fleur de sel" sous le palais, un de mes chouchous préférés qui me ferait damner et voilà qu'à la fonte lente, si lente de la pâte de chocolat, non croqué volontairement, l'incroyable est arrivé, le miracle s'est produit.
Ma bouche entière a saisi l'extrême sensibilité des micro grains de fleur de sel, toute leur perfection parfaitement iodée, qui se désagrégeait lentement, si lentement sur mes papilles, cristaux de sel infimes qui seuls, sont restés sur ma langue après que j'eus absorbé en savant exercice parfaitement rôdé tout l'enrobage de cacao. Bonheur pur, oh, monsieur Lindt, t'es aussi balaize que le neuro-chirurgien qui m'a opéré et qui m'a castré les papilles. Quel chocolat divin ! Comment fais-tu pour semer sans qu'elles ne fondent à la cuisson des graines de fleur de sel dans les plaques ? Le chocolat est bien à la gourmandise et à ses mets ce que Mozart est à la musique...
Que s'est-il passé ? C'est l'absolu mystère du chocolat, sa volonté, sa toute puissance suprême. Le chocolat est le caca de Dieu si le bonum vinum est son pipi... Pas de miracle cependant, ce matin ma tronche droite est inerte, qu'importe, Dieu que ce souvenir restera impérissable. Qui sait si ???