C’est fébriles, que trente élèves des lycées Pierre Poivre et de Vincendo ont ouvert le festival, après dix jours de résidence avec les comédiennes Adrienne Ollé et Léa Marie Saint-Germain qui ont joué dans "Phone Tag". Une restitution de leur travail autour de cinq pièces du dramaturge américain Israël Horovitz (dont "Phone Tag") a été proposée devant leurs classes, et leurs familles. S’essayant à des situations scéniques variées et parfois improvisées, tour à tour dans un aéroport, au restaurant, dans une salle de cérémonie de mariage, ou participants à une course à Boston, chacun a dû mobiliser des compétences certaines de mémorisation, de maîtrise des langues (beaucoup de scènes ont été jouées en anglais), et musicale! Et la bafouille n’était pas du spectacle, même si seules quelques séances ont été consacrées au montage. Les élèves ont en outre eu la possibilité d’explorer l’univers du théâtre par des exercices de placement, d’improvisation, et de gestion du stress. "Vos enfants sont formidables," a commenté Adrienne Ollé à l’ouverture du spectacle, "on a senti qu’ils étaient très motivés dès le départ, et cette restitution, par la qualité des prestations a vite pris la forme d’un vrai spectacle". Si la moitié des lycéens sont inscrits en seconde option théâtre, et quelques-uns ont été repérés pour leurs dispositions scéniques lors de travaux personnels encadrés, d’autres élèves ont manifesté individuellement leur désir de découvrir cet art. Quelque soit leur parcours, tous se disent "heureux". "C’était vraiment super!", se sont enthousiasmées Aurore, Charlie et Leslie, toutes trois élèves au lycée Pierre Poivre. En résidence dans une école primaire de Bois d’Olive pour le montage de leur spectacle avec des élèves de CP et CE1, la Compagnie du Midi était dans l’île depuis deux semaines. "On entend de plus en plus parler du festival dans le milieu du théâtre en métropole, et les artistes regardent les programmateurs de Komidi avec envie", sourit Antoine Chalard, metteur en scène. "C’est un festival qui a une mentalité sociale excellente et puis quel cadre pour travailler! Nous y revenons parce qu’à chaque fois, le public nous marque fortement" commente Antoine Chalard, metteur en scène de la pièce "Sous le lit". Jean-Marie Sirgue, également metteur en scène, ajoute: "Komidi et nous c’est une vieille histoire, on était déjà venus il y a trois ans. Nous ne connaissions pas le festival alors, mais on en parle de plus en plus dans le milieu, on sait qu’il existe. Jouer devant des publics différents, notamment dans le contexte éducatif, participer à cette politique d’accessibilité de la culture pour tous est très important. Nous sommes sensibles à ce côté militant du festival, il y a un vrai combat. C’est chaleureux et festif…"
Les spectacles se sont déplacés dans les coins les plus reculés des communes concernées, tentant le difficile pari de se rendre disponible à tous les publics.
3.500 spectateurs en 2008, 26.000 en 2014, une huitième édition qui a confirmé la tendance… Le Komidi est dans la place!