A savoir que les films muets de 1927 à 1936 du réalisateur japonais sont au nombre de 35 dont 18 ont disparus. Quant aux films parlants de 1936 à 1962, ils sont au nombre de 19 dont 12 en Noir&Blanc.
Le film raconte l’histoire de M. Noda, jeune diplômé qui recherche un emploi. Il ne parvient pas à en trouver à la hauteur de ses études. Chômeur, il cache la vérité à sa fiancée, Machiko et à sa mère. Bientôt, Noda avoue à Machiko sa situation. Cette dernière est engagée comme serveuse pour subvenir aux besoins, Noda vient à l’apprendre…
Comédie dramatique, J’ai été diplômé, mais… parle de la désillusion des jeunes diplômés face aux besoins sur le marché du travail. Ici, Ozu souligne le trait via le mensonge. L’homme pour garder une respectabilité ment sur sa situation réelle, une façon pour lui de ne pas perdre la face. Il souligne à travers ce mensonge l’importance du paraître, gage de réussite.
Ce film est incroyablement contemporain. Il aurait tout aussi pu être réalisé de nos jours, tant il fait échos au chômage des jeunes et à la situation précaire des jeunes inactifs. Ozu prend tout de même le parti pris de donner une note optimiste à son film puisqu’il montre qu’à force de persévérance, on peut s’en sortir, et que d’une certaine manière rien n’est fatalité.
Un garçon honnête est indéniablement une comédie qui rappelle celles venues de Hollywood. Ce jeune garçon faisant tourner en bourrique son ravisseur fait que l’on amuse, notamment par l’emploi du burlesque. Les scènes humoristiques s’enchaînent, le kidnappeur est submergé, l’enfant est espiègle à souhait. Ici, Ozu réussit son pari de nous faire rire. Drôle comme il se doit et qui n’a rien à envier aux films hollywoodiens de la même époque.
Dans Amis de combat, Ozu se place dans un contexte comique avec des scènes humoristiques qui parsèment la pellicule tout du long. Il n’en oublie pas moins le contexte social, s’ancrant dans une réalité, celle de la vie des classes laborieuses. Avec un œil amuseur, il y montre la rivalité entre ces deux amis qu’on suppose amoureux de la même jeune femme. Finalement, le film se termine sur une note joyeuse. L’amitié est sauve.
Ozu saisit, lors d’une représentation théâtrale de kabuki la danse du lion joué par Kikugorô Onoe VI. Une danse considérée comme l’une des plus difficiles et qui demande une grande endurance.
Le documentaire est divisé en deux parties. La première s’intéresse à faire un topo sur l’acteur Kikugorô Onoe VI, notamment habitué à interpréter des rôles féminins. Il est considéré comme l’un des meilleurs acteurs de sa génération. La voix off résume une carrière qui force le respect dans l’art de la danse japonaise. La deuxième partie se situe au théâtre lors de la représentation de la danse du lion. On découvre en action Kikugorô Onoe VI qui exécute une danse exprimant la force et la joie.
Ce documentaire d’Ozu est particulièrement intéressant pour découvrir un art peu connu en occident. La danse, la musique, l’ambiance de l’époque y est. Une époque où ces artistes étaient roi.
I.D.