[Critique] I, FRANKENSTEIN

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : I, Frankenstein

Note:
Origines : États-Unis/Australie
Réalisateur : Stuart Beattie
Distribution : Aaron Eckhart, Bill Nighy, Yvonne Strahovski, Miranda Otto, Jai Courtney, Aden Young, Caitlin Stasey, Kevin Grevioux, Chris Pang…
Genre : Fantastique/Action/Adaptation
Date de sortie : 29 janvier 2014

Le Pitch :
La Créature de Victor Frankenstein a survécu. Celui que l’on appelle désormais Adam se retrouve désormais au beau milieu d’une guerre entre les Gargouilles, des soldats du bien, et des démons venus de l’enfer. Pourchassé par ces derniers qui cherchent à s’approprier le secret de sa création, Adam doit livrer bataille pour sa survie…

La Critique :
Il y a peu de chance que Bram Stoker se soit douté que Dracula, son roman, allait se voir exploité sans limite par le cinéma (qui en était d’ailleurs à ses balbutiements à cette époque). Exploité et souvent piétiné, au rythme de navets intergalactiques de la trempe de Dracula 2001 et consort. On peut dire qu’il en a bavé le Comte aux dents longues…
La Créature de Frankenstein beaucoup moins, même si on la retrouve quand même dans un nombre non négligeable de longs-métrages à la qualité variable. Des films pour la plupart anciens d’ailleurs, tant le monstre aux cicatrices n’avait pour le moment pas séduit les producteurs les plus opportunistes, avides de livrer des trucs vite torchés à destination d’un public peu regardant.
Mais le truc, c’est qu’au bout d’un moment, il faut bien se renouveler. Et c’est grâce au roman graphique de Kevin Grevioux que le monstre de Mary Shelley est revenu sur le devant de la scène cinématographique moderne. Un comic book qui replace le monstre dans un contexte moderne en le transformant en une sorte de super-héros vertueux, lancé dans une lutte à mort contre des démons menaçant l’humanité.
Il est donc logique que le film tiré de ce roman graphique débute à peu près là où se termine le livre de Shelley (et par extension le film de Kenneth Branagh, qui fut l’un des derniers à se frotter au mythe, avec d’ailleurs un talent et un respect certains). La créature est seule et se fritte avec des démons qui déboulent comme autant de cheveux dans la soupe. Pendant qu’il se bat, le monstre est rejoint par des gargouilles. Le film n’a pas débuté depuis plus de 5 minutes que les choses partent déjà en couille…

La suite sera au diapason de cette scène complètement aux fraises. On apprend que celui qu’il faut appeler Adam est plus ou moins immortel, que son élocution est parfaite et qu’il est insensible au froid. Traversant les âges jusqu’à atterrir à notre époque, Adam se bat comme un pro et doit empêcher les démons de découvrir le secret de sa création. Mais de l’histoire de I, Frankenstein, on s’en fout rapidement tant celle-ci est aussi inintéressante que stupide.
Un exemple : le film se déroule à notre époque, dans une grande ville et pourtant, les humains sont quasiment absents du paysage. Où sont-ils quand les démons et les gentilles gargouilles (!!!) mettent la cité à feu et à sang à grand renfort d’explosions et autres batailles rangées impliquant plusieurs centaines de protagonistes ? À part au début, où un flic se fait dévisser la tête par un démon, les humains sont aux abonnés absents. Il y a juste cette scientifique canon (Yvonne Strahovski, débarquée tout fraichement de Dexter) et son collègue, qui de toute évidence ont leur rôle à jouer dans la progression de l’intrigue.
Ce détail illustre un je-m’en-foutisme total de la part des scénaristes et du réalisateur qui n’arrivent jamais à ancrer leur récit dans une réalité tangible, contrairement par exemple aux Underworld, qui ne volaient peut-être pas bien haut, mais qui avaient au moins le mérite d’être en phase avec leur concept.

Côté scénario, I, Frankenstein est donc un ratage total. Sur un plan visuel, ce n’est guère mieux. Reposant sur des effets-spéciaux pour la plupart très laids et sur une mise en scène tape à l’œil totalement à côté de la plaque, le film semble daté.
Au milieu de ce foutoir, Aaron Eckhart, tente de donner de la substance à son personnage. C’est étrange mais apparemment, il y croit. Nous non. Jamais la sauce ne prend. Jamais la magie n’opère, rapidement l’ennuie s’installe et une question subsiste : pourquoi Eckhart a accepté de se compromettre dans une galère pareille ?.
Réalisé par Stuart Beattie, un scénariste australien en vogue, qui l’année dernière était passé à la mise en scène avec le très sympa Demain, quand la guerre a commencé (on retrouve d’ailleurs quelques acteurs du film ici, à commencer par la jolie Caitlin Stasey), I, Frankenstein est une purge. Dans lignée de ces films d’action horrifiques du genre d’Underworld ou de Van Helsing, il se positionne en bas de l’échelle. Et parvenir à sonner encore plus faux que Van Helsing n’était pourtant pas une mince affaire ! C’est d’ailleurs le seul exploit que I, Frankenstein accomplit.

L’unique étoile de la note est là pour récompenser la pugnacité d’Aaron Eckhart, de Bill Nighy et des autres acteurs qui vaillamment, tentent de maintenir le rafiot à flot, sans pour autant y parvenir.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : Metropolitan FilmExport

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