Je ne suis généralement pas fan des films à Oscars. Ce genre de films à la connotation mélodramatique, dont on sait à l’avance qu’ils vont nous arracher des larmes, qui reposent souvent sur une histoire vraie et sur la prestation forcément exceptionnelle du comédien principal. Sur le papier, 12 years a slave a tout pour rentrer dans cette catégorie. Tout donc pour que je n’ai pas envie d’aller le voir. C’était sans compter sur une bande annonce ultra efficace et un sujet ultra original. Certains diront que la présence de Michael Fassbender et surtout de Benedict Cumberbatch au casting aura grandement influencé mon envie d’aller voir le film. Ce ne sont que de vilains médisants (mais qui pourrait cracher sur la présence de ces deux beaux gosses mais surtout excellents comédiens ?).
12 years a slave est donc un film inspiré de l’histoire de Solomon Northup. Solomon est le fils d’un esclave affranchi. Il est né libre, est marié, père de deux enfants. Alors que sa femme cuisinière part souvent travailler dans une autre ville, Solomon gagne sa vie en jouant du violon. Jusqu’au jour où il accepte de suivre deux membres d’un cirque pour une tournée de deux semaines à Washington. Au lieu d’une tournée, il se retrouve drogué et ligoté, prêt à être vendu comme esclave. L’enfer va alors commencer pour lui, qui a connu la liberté. Au lieu de vivre, il va devoir se contenter de survivre, traité comme un simple meuble, au sens juridique du terme (oui, on est juriste ou on ne l’est pas), passant de propriétaire en propriétaire.


Néanmoins, le film ne se contente pas de porter un propos, il nous raconte aussi une belle histoire. Une histoire pleine de nuances. Les personnages ne sont pas bons ou mauvais (enfin si, il y a quand même de vrais méchants),y compris le héros. On aimerait le voir resister plus, s’opposer, mais pour survivre, il abandonne ce qu’il est. Et au fond, cette histoire de perdre tout ce qu’on a et essayer de remonter la pente, c’est une histoire universelle. Et ça, ça participe à faire de 12 years a slave un bon film avec un contenu et une histoire.


Seul point noir de ce film : la réalisation que j’ai trouvée un peu brouillonne. L’esthétisme de l’image est parfaite. L’alternance de scènes ultra violentes et denses avec des scènes très lentes de contemplation renforce le sentiment de brutalité de l’esclavage. Le souci vient du manque de lien entre les scènes. Le passage de l’une à l’autre est souvent brusque et sans logique. Pire, lors d’une scène où Solomon joue du violon, une musique qui n’a rien à voir commence à se faire entendre créant une cacophonie insupportable. J’ai d’abord cru qu’un hélicoptère se posait sur le toit du cinéma avant de comprendre que c’était le film qui faisait ce bruit horrible. Et puis il y a cette scène de début, dans le dortoir que je n’ai vraiment pas comprise (si quelqu’un veut m’expliquer son intérêt, qu’il n’hésite pas).

Au final, 12 years a slave est un film percutant, violent, essentiel, peut être un peu surévalué dans sa qualité mais un film à voir absolument.
Mélanie