La colère de Filoche plus authentique qu’une explication froide?

Publié le 08 avril 2013 par Francoisjost

Pour quelle raison les aveux de Jérôme Cahuzac ont-ils été un choc pour chacun de nous ? Parce que nous le croyions innocents ou parce que nous sommes habitués à ce que les hommes politiques persistent dans leurs mensonges ou mettent en cause leurs accusateurs ? Sans doute avons-nous eu un choc parce que le mensonge était là, devant nous, en évidence, comme la lettre volée dans la nouvelle de Poe, tellement évident que nous ne pouvions y croire.

Ces aveux sont accablants, moins pour le ministre déchu que pour nous, qui ne voulions croire au double jeu du responsable du Budget. Et, pourtant, depuis mardi, on peut observer dans les réactions qui fleurissent dans les médias qu’ils ne suffisent pas.

Ils mettent en cause un homme et certains voudraient qu’ils remettent en cause un régime, une majorité et, bien sûr, le président lui-même. Deux arguments ont été avancés pour répandre comme une tache d’huile la honte sur l’exécutif.

Le "mensonge d'État", une rhétorique falacieuse

Le premier consiste à qualifier le comportement de Jérôme Cahuzac de "mensonge d’État". Le procédé, émanant de la droite et de l’extrême-droite, est connu. Jean-Marie Le Pen l’avait utilisé à l’époque de la profanation du cimetière de Carpentras, en accusant le gouvernement de soupçonner à tort le Front national.

Cette expression est à bannir, sauf si l’on souhaite utiliser la mauvaise foi pour salir l’adversaire. Un mensonge d’État met en cause la parole de celui-ci.

Ignacio Ramonet utilisait cette expression à juste titre pour qualifier l’argument avancé devant l’ONU par George Bush pour attaquer l’Irak, à savoir que ce pays possédait des armes de destruction massives. Mensonge d’État car il s’agit de justifier, par ce qu’on sait être des contre-vérités, une action qui engage l’État et, en l’occurrence, son armée.

Dans l’affaire Cahuzac, il s’agit de tout autre chose : le mensonge d’un homme sur son patrimoine. En l’occurrence, ce mensonge n’engage même pas le gouvernement, mais juste lui. Et c’est bien sa probité et son honnêteté qui sont en cause.

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