Au cœur du prestigieux et ennuyeux VIIè arrondissement de Paris, se cache désormais un « lieu » d’art aussi atypique qu’éphémère, ni musée ni centre d’art, mais né d’une idée nouvelle, celle de la Chalet Society.
Cette structure regroupe une communauté d’artistes, de collectionneurs, de chercheurs et autres passionnés et se met à la recherche d’une « conscience poétique ». Ré-enchanter le monde par l’art, beau programme dont nous avons tous grand besoin.
Initié par Marc Olivier Wahler, ancien directeur du Palais de Tokyo, le concept de la Chalet Society n’est pas attaché à un lieu fixe et peut se mouvoir dans le monde entier. La Chalet Society va pour l’instant squatter quelques temps le 14 boulevard Raspail. Un bâtiment étonnant sur 5 niveaux dont 3 sont actuellement ouverts au public. Il s’agit d’un ancien repère de scouts appartenant à l’église mais qui est désormais la propriété du groupe Emerige, prêté à titre gracieux à la Chalet Society.
Henry DargerLa première exposition se nomme The Museum of Everything et a ouvert ses portes le 19 octobre dernier. Plus qu’une exposition, The Museum of Everything est un organisme de bienfaisance anglais, « a charity giving », comme on dit de l’autre côté de la Manche. Dirigée par James Bret, cinéaste, collectionneur et organisateur génial, The Museum of Everything regroupe une hallucinante collection d’œuvres d’art que l’on qualifie aujourd’hui d’art brut. Ces objets clairement esthétiques sont réalisés par des centaines d’individus souffrant de troubles psychiatriques, d’autres n’ayant reçu aucune éducation artistique et toujours totalement extérieurs au monde de l’art. Tous sont autodidactes, parfois illuminés, ces artistes sont très souvent obsédés par un même motif, ou un même sujet, qu’ils n’auront de cesse de représenter toute leur vie durant. Parfois proche de l’esthétique du dessin d’enfant sans en être réellement, ces productions sont souvent très troublantes. D’un point de vue iconographique, ces œuvres nous parlent de notre société, de notre vie, de notre époque comme celles de n’importe quel artiste.
Alfred Jensen
Petite liste non exhaustive de ce que vous pourrez
voir jusqu’en décembre: d’oniriques dessins remplis d’êtres mi-enfant
mi-bélier, d’immenses broderies relatant des scènes racistes liées au Ku Klux
Klan, des objets comme des guitares ou des globes terrestres recouverts
d’étiquettes anciennes puis vernis du plus bel effet, d’étranges poupées
disposées dans un semi-pénombre, des peintures ultra colorées ayant souvent
Jésus pour thème, d’incroyables sculptures d’une finesse extrême construites à
partir de vieilles machines à écrire…
Si vous souhaitez découvrir une production artistique qui n’est que rarement exposée au musée, exception faite du LAM de Villeneuve d’Ascq, courrez voir cette exposition et lavez vos yeux.
Chalet Society présente The Museum of Everything // Exhibition #1.1
14, boulevard Raspail, 75 007 Paris
Du mercredi au dimanche, de 11h30 à 20h00
jusqu’au 16 décembre 2012