♪Carbooooooone, carbooooooooone !♫
Il est de ces romans qui vous en bouchent un coin (devinez lequel tout seul).
Carbone Modifié m’a fait cet effet là. Je me souviens encore d’avoir vu arriver dans ma librairie (d’apprentissage) une piloute pas bien grande de la collection Milady (nouvelle à l’époque) avec une couverture pas franchement jolie mais un titre intriguant. Carbone Modifié, bon. J’avais retourné le livre, lu les quelques phrases, m’était appesantie sur le « Prix Philip K. Dick » en me disant « Bien, bien, bien, ça à l’air chouettos tout ça ». Malgré tout je ne pensais pas dénicher une petite pépite, je me disais seulement que ma connaissance de la Science-fiction, la vraie, était trop limitée, et que je me devais d’élargir mes lectures, alors ce poche - bien que légèrement douteux - ferait l’affaire.
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Dans ces cas là donc, vous ouvrez
votre livre, lisez les premières pages, et soit vous n’accrochez pas au style –
plat, ennuyant, insipide - et vous baillez à vous en décrocher la mâchoire,
vous forçant à lire un peu plus jusqu’à abandonner (ouais faut pousser quand
même), soit vous êtes happé par l’histoire – une écriture originale, rythmée, un
personnage qui claque du flex (si si
ça se dit dans le futur)- et là vous êtes parti pour un long voyage hors du
temps.
Ces livres là s’accrochent à
vous, vous hantent jusqu’à ce que l’intrigue soit dévoilée, vous y pensez quand
vous refermez le livre à la fin d’un chapitre, au boulot, dans le métro, en se
couchant, vous le vivez.
Bon, c’est comme ça que j’ai vécu
Carbone Modifié pour ma part. Après
ça, je me faisais un devoir de le faire découvrir à tout le monde. Le livre a
tourné dans les mains de tous mes amis lecteurs et amateurs, puis je comptais
scrupuleusement le nombre de clients à qui je l’avais conseillé (je crois que
mon air ahurie, mes joues empourprée et mes ‘haem’ pensifs qui ne dénotaient
non pas un embarras mais un véritable enthousiasme ont été plus utiles que la
description que j’en ai faite) qui venaient acheter le second tome, et j’étais
toute excitée de voir qu’à 99%, ils étaient ultra-satisfaits, et du coup me
rendaient heureuse, moi, petite libraire débutante, qui en était encore à ses
balbutiements.
Bon, mais que dire du livre alors ?
Une petite description s’impose, et vous allez voir que ce n’était pas aisé de
le conseiller en quelques phrases seulement.
Carbone Modifié, c’est un roman de Richard Morgan, paru d’abord chez Bragelonne, puis sorti en poche
chez Milady qui se compose de trois volumes retraçant chacun une aventure de Takeshi Kovacs.
Mais qui est-il ce Takeshi Kovacs ?
Il a été militaire et bien d'autres choses pendant un certain temps, et sur plusieurs
planètes, puisque l’histoire prend place dans un lointain futur, où l’homme à
finalement découvert d’autres planètes habitables, et bâti un empire galactique
sur les ruines d’un peuple martien visiblement très avancé mais inscrit au
abonnés absents. Au début de Carbone Modifié,
Takeshi Kovacs a viré dans des affaires de mercenaire pas mal louches, et se
retrouve finalement en prison, pour une durée on ne peut plus indéterminée. Et
qui peut durer bien plus longtemps qu’une vie. Car figurez-vous que dans ce
futur, l’âme peut être imprimée dans une puce, et vous pouvez revivre dans le
corps d’un autre pour des siècles et des siècles. Son corps remisé, Kovacs est
enfermé dans sa puce, et bien un siècle a passé lorsqu’on le sort du placard,
non pas le gouvernement, mais un particulier qui souhaite obtenir ses services.
Il s’agit d’un très riche terrien qui veut que Kovac s et ses sens aiguisés d’ancien
militaire formaté (appelés Diplos) enquêtent sur une affaire très particulière :
son propre meurtre. La police a conclut à une suicide, mais le client qui ne se
souvient pas des derniers instants de sa mort est persuadé qu’il s’agit d’un
assassinat. Pourquoi se serait-il donné là mort alors que sa puce fait des
sauvegardes tous les jours et qu’il possède une centaine de corps clonés pour
pouvoir vivre éternellement ?
Carbone Modifié, c’est un polar futuriste vraiment bien ficelé. Ce
qui m’embête toujours avec les romans policiers c’est de toujours deviner qui
est le meurtrier à la moitié du roman, ce qui n’a pas été le cas ici, j’ai été
agréablement baladée de chapitre en chapitre sans arriver à mettre le doigt sur
le final, et j’adore ça, quand vous avez enfin la clé du roman et que tout s’éclaire
dans le bruit et la fureur.
Et quand bien même, le style est
tellement fort, le roman tellement plus riche que la description rapide que je
vous ai faite, que le dénouement de l’intrigue pour moi ne fait pas tout le
roman. Il s’agit d’une combinaison, cette écriture si diversifiée de Richard
Morgan, la complexité étonnante de son personnage principal, dont on ne situe
jamais réellement les limites, et qui est finalement un héros qui n’en est pas
tout à fait un (ce sont mes préférés ceux là, les ambigus, ceux à qui on s’attache
mais dont on ne sait pas s’ils ont un bon ou un mauvais fond, ceux que l’on
n’arrive pas franchement à cerner et qui vous étonnent toujours).
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Je veux voir quelqu'un porter ce t-shirt,.
J’ai bien dit que Carbone Modifié m’avait fait cet effet là. Ca à été un peu moins vrai pour le reste de la série. Les deux tomes suivant (Anges déchus et Furies déchainées) sont bien mais n’arrivent pas à la hauteur du premier. Les comparer réellement serait une erreur, tant les intrigues diffèrent, leur seuls points communs étant l’univers dans lequel ils évoluent et le personnage principal. Et celui-ci perd un peu de son charisme au fil de la trilogie, ce qui pour moi a ôté pas mal de charme à la fin de la série. Malgré tout, ça reste une de mes sagas de SF favorite, que j’aime encore beaucoup partager, l’une des premières que j’ai fait rentrer dans mon tout nouveau rayon Littératures de l’imaginaire en démarrant mon nouveau boulot. Parce qu’un rayon SF sans Takeshi pour moi c’est comme un apéro sans saucisson, comme un verre à vin sans Cabernet d’Anjou, comme un cerisier sans cerises, comme une vie sans Mimzi (je m’égare) ! Ce n’est plus envisageable. Non, non mes bons lecteurs, dans une bonne bibliothèque non plus d’ailleurs. ;)Bon ça sent grave le playback pour Mister Anthony, mais cette chanson est l'une des seules bonnes de l'album By the way, et puis Carbooooooooone, carboooooooooone, si on change le R de place ça marche, ou presque pas !