Dans les années 60-70,le château de Ratilly (Yonne,au sud de St-Sauveur) a été un des premiers centres d’art contemporain privés. Il est aussi un lieu de fabrication et de vente de poteries en grès de Ratilly (Nathalie Pierlot a repris l’atelier de ses parents).
Jusqu’au 15 octobre,les salles du château accueillent l’artiste Didier Demozay.
Au premier contact avec cette expo,on est saisi par l’accord parfait entre les peintures de Didier Demozay et le lieu. Oui,quelque chose qui s’accorde. L’architecture (et cheminées,et niches,et portes,et murs) a visiblement accepté amicalement l’arrivée des toiles de cet artiste ! Peut-être une même pureté, mêlée d’une même force.
Avant de me plonger dans l’excellent catalogue d’exposition (texte de Frédéric Valabrègue et entretien avec le fils de la maison,Martin Pierlot),j’ai voulu prendre note de ce que je ressentais. Voilà…
Impression que le peintre s’est emparé de la couleur et que plus rien d’autre ne compte. Il exprime la couleur. Juste la couleur, dans un dépouillement total. Comme s’il voulait lui rendre son énergie d’origine. Un côté absolu….
Ces masses roses,noires,rouges,orange,mauves ou bleues sont solides,pesantes…Mais sans limite. Elles sont capables de continuer à vivre leur vie hors tableau,à s’échapper de la toile. Rien ne les arrête (les bords sont indécis…). Le geste puissant et maîtris
é du peintre s’est comme suspendu. Pour leur laisser désormais leur indépendance.Et ces morceaux de couleur communiquent entre eux. S’affrontent. Dialoguent. S’aiment ou se repoussent. Étonnants rapports sur fond blanc.
Et pourtant,malgré ces mouvances plus ou moins violentes …Sensation de silence devant les toiles de Didier Demozay. Un apaisement survient. La couleur nous atteint !