Les annonces d’invités pour la prochaine Japan Expo s’enchainent depuis plus d’un mois à une vitesse de plus en plus élevée. J’ai donc voulu vous permettre d’y voir un peu plus clair, avec une présentation quasi-exhaustive – et par épisode – des artistes de l’évènement. Pour l’instant, voici déjà la liste des invités à la mi-mai :
- Manga : Naoki Urasawa, Tetsuya Saruwatari, Moto Hagio, Rei Toma, Ein Lee, Toshio Maeda
- J-music : Flow et Hemenway, que nous avons déjà évoqué ici, mais aussi Man with a mission, Momoiro Clover, VIRGO aka Hammer, Kohei Tanaka, Junko Iwao, Anli Pollicino, Daizy Stripper, Professeur Sakamoto. Un premier planning des concerts a été établi cette semaine, vous pouvez le consulter chez Doko.
- Japanimation : Makoto Shinkai
- Jeux vidéo : Keiji Inafune
- Japon, culture et mode : Kyary Pamyu Pamyu.
- Autres : Alexandre Astier à Comic Con
Aujourd’hui, nous parlerons en détail des invités manga. Une catégorie bien remplie où l’on retrouve du seinen (Naoki Urasawa, Tetsuya Saruwatari), du shôjo (Moto Hagio, Rei Toma), du kodomo (Ein Lee) et même du hentai (Toshio Maeda)… Je sais que nous avons encore un invité seinen qui ne devrait plus tarder à être annoncé mais c’est du côté shônen que le mystère reste entier. En attendant, voici les informations sur ces mangakas !
Bonne lecture

Invité d’honneur : Naoki Urasawa

Par la suite, Urasawa passe à un registre plus personnel. En 1995 sort Monster, un thriller psychologique beaucoup plus sombre que ses œuvres précédentes. Véritable succès, cette série est adaptée en anime puis au cinéma, et elle est primée à plusieurs reprises en France et à l’étranger. En 2000, il publie 20th Century Boys, qui connait un énorme succès qui reçoit chez nous le prix de la série au Festival d’Angoulême en 2004.
En 2007 il commence Pluto, mixant SF et policier et adapté de Le robot le plus fort du monde, un passage du manga Astro, le petit robot (Tetsuwan Atom) de Tezuka. Là encore de nombreux prix au Japon et en France : l’ACBD lui décerne le prix Asie lors des Japan Expo Awards en 2010. L’année suivante, il reçoit le Prix intergénérations du Festival d’Angoulême. Vous pouvez en savoir plus sur le titre via l’article qui lui est consacré ici.
Depuis qu’il a terminé 20th Century Boys et Pluto, Naoki Urasawa se consacre à Billy Bat qui est sorti chez Pika en mars dernier. Je vous reparle d’Urasawa prochainement, grâce à l’excellente monographie qui lui est consacré : L’air du temps. Autre évènement de taille : vous aurez l’occasion de le découvrir guitare à la main, en duo avec le groupe Hemenway, pour un concert qui s’annonce unique !
Invité Kazé Manga : Rei Toma

C’est le cas de L’Arcane de l’aube, publié pour la première fois en 2009 au Japon et qui parait en France chez Kazé Manga depuis avril 2011. Avec 9 tomes au Japon et plus d’1,2 millions d’exemplaires vendus, les aventures de Nakaba, princesse aux pouvoirs mystérieux, remporte un vrai succès au Japon mais aussi en France (élu meilleur shôjo 2011 chez Manga News).
La série mêle les codes de la fantasy à ceux du shôjo et entraîne le lecteur dans une intrigue sombre où les « non-humains » côtoient la magie. L’héroïne fait face aux tragédies de son passé, tout en apprenant à vivre avec l’ennemi héréditaire de son peuple, le Prince Caesar, son époux. Le tome 6 est sorti en France le 21 mars dernier et on attend le 7ème pour la Japan Expo.
Invité Tonkam : Tetsuya Saruwatari

Sa première histoire, Umi no Senshi, est publiée dans le Shonen Jump mais c’est avec Dog Soldier qu’il rencontre le succès. Cependant, il est surtout pour connu pour son manga publié chez Shueisha au Japon et chez Tonkam en France : Tough, une série achevée et publiée au Japon de 1994 à 2003 (soit 42 volumes). La suite de la série s’intitule Free Fight -New Tough et compte 36 tomes.
Cette seconde saison est toujours en cours au Japon, et Tonkam sort la semaine prochaine le 30ème volume dans l’hexagone.
Invité nobi nobi ! : Ein Lee

Elle signe à tout juste 18 ans son premier livre, Princesse Pivoine, aux éditions nobi nobi !, qui connaît très vite un beau succès en France. En 2011, elle illustre un conte incontournable de la culture traditionnelle japonaise : Le Secret de la grue blanche.
Ses préférences et influences de l’artiste sont extrêmement variées : The Simpsons, Rose of Versailles, Neon Genesis Evangelion, Samurai Champloo, Avatar, Gundam 00, Fruits Basket, Rurouni Kenshin et Camp Lazlo.
La semaine prochaine nobi nobi ! publie le troisième titre d’Ein LEE : La Princesse au bol enchanté, un conte nippon dont je vous reparlerais certainement. Autre bon point : la dessinatrice arrive en France avant Japan Expo pour découvrir son public, une bonne idée pour prendre le temps d’aller à sa rencontre en dehors de la foule de la JE ! En attendant vous pouvez la retrouver et admirer ses dessins sur son Deviant Art ou son site web.
Invité hentai : Toshio Maeda

Lecteur vorace, Toshi Maeda dévore tout ce qui lui passe sous la main dès l’âge de 6 ans. Il s’intéresse aux comics comme Batman ou Spider-man, mais ne s’arrête pas là. Il avoue d’ailleurs avoir lu plus de 10 000 ouvrages avant ses 20 ans, toutes littératures confondues. À 16 ans, cet autodidacte part pour Tôkyô et devient l’assistant d’un mangaka. Pour éviter les limites, morales, politiques ou religieuses des mangas grand public, il se concentre sur le dessin érotique avec des œuvres avant-gardistes comme Urotsukidôji, sorti en 1986, et invente quasiment à lui tout seul un sous-genre du hentai : le tentacle rape, avec des monstres aux phallus innombrables et tentaculaires, dotés de têtes chercheuses lockées sur toutes les petits culottes du coin.
Urotsukidôji est, après Akira, le titre le plus influent sur le marché anglo-saxon et même l’un des emblèmes de Manga Vidéo, un éditeur que les plus âgés d’entre nous se souviennent surement ! Ce petit trailer vous rafraichira sans doute la mémoire…
Qu’on aime ou pas le genre, c’est donc un auteur de légende qu’on apprécie de voir à Japan Expo. C’est aussi un signe du changement des mentalités et un joli pied de nez à Familles de France qui n’est pas pour me déplaire…
Invité shôjo : Moto Hagio

Elle fait ses débuts professionnels en 1969 à l’âge de 20 ans avec la publication de sa courte histoire Lulu to Mimi dans Nakayoshi, une revue mensuelle à destination des 8-12 ans, publiée par la Kōdansha. C’est l’une des plus importantes revues shôjo avec un tirage avoisinant 1 million d’exemplaires dans les années 1990 (~400 000 de nos jours), et aussi l’une des plus anciennes car publiée depuis 1954.
Plus tard, pour l’éditeur Shōgakukan, elle produit une série de petites histoires pour divers magazines. Deux ans après ses débuts, elle publie Juichigatsu no Gimunajiumu une histoire courte qui traite ouvertement d’amour entre deux garçons dans un internat (ouh la la la !).
L’histoire faisait partie d’un grand mouvement d’artistes féminins de manga qui ont frayé un chemin vers le genre des bandes dessinées pour filles sur le sujet de l’amour entre de jeunes hommes. En 1974, Hagio développe son histoire dans le plus long Toma no Shinzo. Elle remporta le prix du manga Shōgakukan en 1976 pour son manga de science-fiction Jūichinin iru! et son conte épique Poe no Ichizoku.
Voilà pour cette première partie sur les invités manga. Au prochain numéro, nous parlerons des nombreux invités J-music !
Source : Japan Expo, Wikipédia, Baka Updates
Visuels : © Tous droits réservés
Japan Expo 13 : découvrez les invités de l’édition 2012
Flow et Hemenway : Japanime Rock à JE !
Les invités manga (1/2)