COWBOYS & ENVAHISSEURS de Jon Favreau

Par Celine_diane


Au départ, il y a une idée pas si mauvaise que cela : croiser le genre SF avec celui du western pour oser le mix inédit : un bébé hybride né de l’étreinte entre un Rio Bravo et un Starship Troopers. Cowboys & Envahisseurs, au travers de ses deux héros (Daniel Craig en voleur d’or amnésique vs Harrison Ford en colonel rigide) promettait aussi une rencontre un peu folle entre Indiana Jones et James Bond- le tout produit par un Spielberg très friand en ce moment de ce genre d’anachronismes. Sauf qu’au lieu du western futuriste promis, Favreau, réalisateur d’Iron Man n’offre rien de plus qu’un blockbuster pop corn désincarné, qui ne se (et ne nous) déride jamais. D’un côté, il a beau avoir tous les ingrédients d’un western réussi (les chevaux, les cowboys, les colts, les indiens et les saloons), de l’autre, toutes les ficelles du film fantastique lambda (aliens, vaisseau spatial, et extermination humaine en vue), Cowboys & Envahisseurs ne va jamais au-delà de sa bonne idée de départ et, à trop s’éparpiller, se perd en chemin.
Malgré une flopée de bons acteurs (Sam Rockwell et Paul Dano en tête), le far west sauce invasion extraterrestre est d’un ennui sidéral, déroulant une intrigue sans imagination, bizarrement sérieuse, et sans enjeux particuliers. En plus d’être un beau gâchis en matière de divertissement, le film ne tente même pas d’explorer les pistes de réflexions (temporelles, historiques, parodiques) qui lui sont offertes. Au final, les deux visuels, échouent à s’harmoniser en un mélange homogène, et s’alternent infatigablement dans un fracas étrange, entre pétarades de pistolets et explosions pyrotechniques. Et même la pré clôture- qui esquissait une légère audace, avec cette pincée féministe en plein désert arizonien et une réconciliation cowboys/indiens hors du temps- est sacrifiée dans l’œuf. Le poor lonesome cowboy s’éloigne, sur son cheval, au soleil couchant. Sans surprise.