Tribune libre : Patrick Moll

Publié le 23 juin 2011 par Photogeek

Pour cette cinquième édition de la Tribune Libre, j’ai le grand plaisir de laisser la parole à une personne que vous connaissez sûrement car il m’arrive régulièrement de citer ses articles de grande qualité : Patrick Moll. Comme vous allez pouvoir le découvrir, Patrick est non seulement un photographe passionné depuis de longues années mais également une référence dans le domaine des logiciels de post-traitement. Ses nombreux articles sur le site Alpha-numérique en est d’ailleurs une belle preuve.

© Patrick Moll

« Bonjour aux lecteurs de PhotoGeek et merci à toi, Paul, de m’avoir proposé cette Tribune. Je me présente en quelques mots : je suis ingénieur et je travaille dans un centre de recherche à Toulouse. Je ne suis donc pas photographe professionnel, et si j’ai une grande admiration pour ceux qui ont embrassé ce métier de plus en plus difficile, je suis assez content de pouvoir faire de la photo par passion, sans être soumis à la moindre contrainte.

Cela étant, j’ai une pratique photographique assez intense, avec une spécialité plus que dominante : la photo de théâtre. Étant très lié au monde du théâtre, j’ai eu le plaisir de faire converger mes deux passions. Et en dehors de la photo de théâtre, je fais également du portrait ainsi que de la macro. Ce qui m’intéresse dans la photo, c’est l’humain, et le théâtre dramatique est un extraordinaire condensé de vie et d’émotions. Photographier une pièce est en revanche un exercice difficile, qui met à rude épreuve le matériel comme le photographe, car les conditions de lumière dans le type de spectacles que je photographie sont souvent calamiteuses. Mais le challenge est très excitant : capturer l’atmosphère d’un spectacle et tous ces moments d’émotion aussi forts que fugaces.

J’ai la chance de pouvoir shooter lors des ultimes répétitions d’un spectacle, le plus souvent lors de la colonelle ou de la générale afin que les lumières soient parfaitement en place. Cela me permet de faire claquer mes reflex sans que cela ne dérange le public. Avec certaines compagnies, je suis les étapes de la création, ce qui me permet de bien connaître le spectacle et de savoir à l’avance quoi, quand et comment shooter. Dans les spectacles très vivants avec beaucoup de mouvement, il faut savoir anticiper ces brefs instants de changement de direction où la vitesse du sujet s’annule. C’est une petite astuce qui permet d’optimiser la qualité d’image en utilisant des sensibilités plus basses.

Je shoote le plus souvent avec trois boîtiers sur lesquels je visse des focales fixes très lumineuses. Minoltiste à l’origine, je suis resté par continuité chez Sony. Je m’en félicite à chaque spectacle, car la stabilisation du capteur est un avantage considérable pour ma pratique. Elle stabilise en effet toutes les optiques, donc également mes focales fixes lumineuses, ce qui n’aurait pas été le cas avec du matériel Canon ou Nikon. Je peux donc shooter à des vitesses parfois très lentes avec mes Zeiss 85/1.4 et 135/1.8, sans avoir à recourir aux très hautes sensibilités. Si les appareils récents sont en mesure de monter très haut en sensibilité avec une bonne maîtrise du bruit, il ne faut pas oublier que cela ne se fait jamais sans perte de détails fins et de dynamique (quasiment 1 IL perdu à chaque cran de sensibilité). Ce n’est pas gênant pour un visionnage sur écran, mais cela peut être vraiment problématique pour des tirages en grand format.

Un grand merci à Patrick Moll pour avoir consacrer un peu de son temps si précieux aux lecteurs de PhotoGeek. Et pour ceux qui souhaitent poursuivre leurs connaissances du monde de la photo numérique, je les encourage à le retrouver sur les sites Alpha-numérique et Numeraw.