Les pratiques sexuelles des mineurs présentent des spécificités qu'il s'agit de savoir prendre en compte dans les politiques préventives. Aujourd'hui, En 2006, l'âge médian du premier rapport sexuel en France est de 17,2 ans pour les hommes et de 17,6 ans pour les femmes (INED et INSERM- 2006) l'âge de l'initiation baissant de nouveau durant cette dernière décennie. Autre tendance, l' augmentation du nombre de partenaires sexuels déclarés des femmes soit 2,2 pour les moins de 19 ans, 3,2 pour les 20-24 ans et 4,4 sur la vie entière (contre 1,8 en 1970) alors que les hommes déclarent avoir 11,6 partenaires en moyenne durant leur vie. Enfin, le partenaire sexuel n'est que rarement le premier conjoint (5,2 % des hommes et 16,1 % des femmes de 20 à 24 ans). L'âge de la première maternité recule à…28 ans. Enfin, si les recours à l'IVG se stabilisent, le nombre d'IVG chez les mineures entre 1990 et 2007 est en augmentation constante passant de 10.153 en 2001 à près de 15.000 en 2009, 27% femmes de 20 à 24 ans y ayant eu recours.
Conclusion, une période de contraception s'impose de plus en plus tôt chez les jeunes.
L'accès des jeunes à une information répondant à leur sexualité est urgente: Une information qui se doit sans tabous, ni stéréotypes, adaptée à la complexité des représentations liées à la sexualité, à l'intimité et au symbolique des mineurs, en particulier des jeunes filles. En France, l'accès des mineurs à une information de qualité se serait dégradé, selon les experts et la répartition entre rôle des parents et des professionnels reste floue. En pratique, si la loi du 4 juillet 2001, complétée par la circulaire du 17 février 2003, fait de l'éducation à la sexualité une obligation légale tout au long de l'enseignement primaire et secondaire, à raison d'au moins trois séances par an et par niveau, l'organisation de ces séances n'est pas tenue dans les faits. Enfin, le rapport souligne que les campagnes grand public d'information sur la contraception, en France, ont été tardivement axées sur
la pluralité des contraceptifs disponibles et j'ont jamais été couplées avec les campagnes de prévention contre les IST.
7 propositions pour mieux faire
1. Charger les rectorats et les chefs d'établissement de satisfaire à leurs obligations en matière d'éducation sexuelle,
2. Insister sur la sensibilisation des jeunes hommes et associer la prévention des IST et l'information sur la contraception en promouvant la double protection,
3. Créer une plateforme d'information unique sur la sexualité
4. Assurer aux mineurs la confidentialité et la gratuité des modes de contraception féminine et des consultations médicales nécessaires,
5. Rendre effectif le libre choix contraceptif,
6. Développer un “bilan première contraception” gratuit pour les jeunes femmes âgées de 15 à
18 ans.
7. À l'occasion de la délivrance d'une contraception d'urgence, charger les pharmaciens de remettre aux femmes de moins de 25 ans un guide présentant l'ensemble des moyens contraceptifs…
Enfin, il faudrait aussi s'inspirer des expériences étrangères, où la combinaison de politiques d'information et d'accès à la contraception varie selon les moyens et la culture du pays.
Source: Centre d'Analyse Stratégique (Cabinet du 1er Ministre)-Juin 2011 Télécharger la Note d'analyse 226 - Comment améliorer l'accès des jeunes à la contraception ?
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