Avec DSK, la droite et les médias perdent leur meilleur candidat !

Publié le 16 mai 2011 par Leunamme

Bon allez, j'avoue, les mésaventures politico-sexuelles de DSK me font bien sourire. Je dirai même qu'en apprend cela en me levant dimanche matin, cela m'a mis une pêche d'enfer pour la journée. Eh oui ! Le représentant du grand capital out de façon complètement inattendue, les choses s'éclaircissent enfin pour la gauche, et la possibilité s'entrouve à nouveau pour que le PS regarde enfin un peu plus sur sa gauche.

Ne préjugeons pas toutefois, la justice doit suivre son cours, et peut-être dira-t-elle au final qu'il est innocent. Il n'empêche, le mal est fait et on le voit mal rebondire et concourir pour la présidentielle de 2012. J'avoue cependant que j'aurai préféré qu'il soit battu sur le plan des idées, qu'il fut démontré que la candidature du grand argentier du capital n'érait pas compatible avec les valeurs qui devraient être celles de la gauche.

Cependant, je dois bien admettre quelque chose. A voir la une de tous les journaux, le contenu de toutes les émissions spéciales de dimanche matin dès potron-minet, il y a comme un air de catastrophe nationale dans les médias, qui fait que j'ai l'impression de faire tâche dans le paysage avec ma mine réjouie et mon humeur badine. D'où cette double question : pourquoi ce déferlement médiatique et pourquoi du PS à l'UMP on fait preuve d'une retenue certaine et d'un embarras à peine caché ?

La réponse m'apparaît comme évidente. Face au désaveu flagrant et continu de l'actuel président, DSK apparaissait comme le meilleur candidat de ce système libéral et capitaliste. Le seul en tous cas capable de continuer cette entreprise de démolition sociale en cours depuis des années et en forte accélération depuis 2007. De plus, DSK présentait l'avantage de provenir du camp censé être opposé à ce système. La gêne conjointe que l'on ressent au PS comme à l'UMP, renvoie à ce sentiment qu'ont beaucoup de Français depuis des années : leurs oppositions ne sont que de façade, et ils défendent plus ou moins les mêmes intérêts, ceux des puissants.

Et c'est parce que les médias sont les "nouveaux chiens de garde" du capitalisme (pour reprendre le titre d'un livre de Serge Halimi), qu'ils se sont rués sur l'affaire, et qu'ils en fait tant et tant que l'on a eu l'impression d'un cataclysme. Parce qu'avec la chute de la maison DSK, c'est le candidat des médias qui tombe. C'est la fin d'une construction médiatique qui voulait que la présidentielle soit déjà jouée, et que l'avènement du candidat de Washington soit inéluctable. Tout cela s'écroule, et à un an de l'élection, tout redevient possible, tout est relancé, or le système dans son ensemble n'aime rien moins que l'inconnu. A lire les éditos, à entendre les commentateurs, on voit bien que s'il s'est passé quelque chose ce week-end, ce n'est pas pour la majorité des Français lambda dont je fais partie, mais bien pour eux dont les logiciels viennent de s'affoler, et dont les boussoles n'indiquent plus aucune direction. Sans DSK, avec un Sarkozy affaibli, le système n'a plus de candidat ! C'est peut-être cela qui me donne la pêche, et ça risque de durer pour la semaine !

Sur ce sujet :

L'affaire DSK vue en vidéo sur Le journal de personne.

Jacques remet un peu les choses à leur place face à l'indignation de certains.

Je pense qu'aujourd'hui, beaucoup partagent la circonspection de jef.

pensee libre pense elle aussi que sa carrière est finie, quoi qu'il arrive.


Sur d'autres sujets :

Pendant ce temps là, Les échos de la gauchosphère nous rappelle que l'Europe continue ses attaques contre la démocratie.

 Sur Interférences à découvrir un poème génial de Raymond Queneau sur la postérité.