...L'emplacement de chaque chose ne se mesure que par les vibrations de l'air, et le soir cette perception est plus forte en ce qu'elle accentue d'un souffle marin. On est chez soi dans ce paysage, cette trame estompée de lueurs et de bruissements. Au coeur de la nuit, les fenêtres ouvrent sur un silence parfait. Et si l'on entend l'écho détaché d'un pas, ce très peu, au contour exactement timbré, en appelle à une partition plus vaste en marge de notre coutimière surdité.
Bernard Neau (extraits Venise, Miroir des Signes)