Les voûtes plates de l'hôtel de ville d'Arles (13)

Par Jean-Michel Mathonière

La voûte plate de l'hôtel de ville d'Arles (Bouches-du-Rhône) est le chef d'œuvre de la stéréotomie française de l'époque classique (la vis de Saint-Gilles du Gard, non loin de là, étant celui de l'époque romane). Cette voûte couvre une surface de 15 m par 15 m, avec une flèche égale au 1/9 de sa portée.

Sa réalisation débute en juin 1673 : les fondations de l'hôtel de ville viennent d'être achevées sur les plans de Dominique Pilleporte et de Jacques Peytret. Les consuls demandent à Jules Hardouin-Mansart, de passage en Arles, s'il est possible de couvrir le vestibule, qui doit servir de lieu de réunion publique, avec une voûte sans aucun poteau intermédiaire. Les architectes locaux sont convaincus que des poteaux sont absolument nécessaires. Mansart persuade les consuls qu'il est possible de voûter la salle sans poteaux. Jacques Peytret suit Jules Hardouin-Mansart à Béziers, où il se rendait, et fait le dessin de la voûte sous sa direction.

L'année suivante, plusieurs modèles de voûte sont réalisés par des compagnons tailleurs de pierre sous la direction de Peytret. Finalement la voûte est construite sous la direction d'un « compagnon passant » « venant d'Italie » (cf. compte rendu de l'Académie d'Architecture de Paris, en date du 28 juillet 1684).

La qualité d'exécution est remarquable et l'ensemble offre au regard d'étonnantes compositions.

© Photographies Jean-Michel Mathonière, D.R.

Bibliographie :
— Pérouse de Montclos, Jean-Marie, L'Architecture à la française, éd. Picard, Paris, 2001.
— Tamboréro, Luc (CPTDP), « The vault of Arles City Hall: A carpentry outline for a stone vault? », communication présentée au First International Congress on Construction History, Madrid, 20-24.01.2003.

L'homme pense parce qu'il a une main. Anaxagore (500-428 av. J.-C.)