C’est le parti pris du très beau film « Local Angel » de Udi Aloni. A travers le parcours très personnel du réalisateur (juif exilé à New York, mère militante pour la paix et la création d’un état palestinien), la beauté des chants hébreux et arabes interprétés par le même chanteur, la brutalité du rap israélien et palestinien, les entretiens politiques et théologiques, nous découvrons que la question est ouverte : sommes nous si différents ?
L’auteur propose d’inventer un nouveau lieu pour résoudre cette question, et créer une paix durable. Un nouveau lieu pour accueillir cette paix. Un nouveau lieu établi en dehors d’une victoire ou d’une défaite. En dehors des jeux de pouvoir. Quelque chose de ce dieu faible qui meurt sur la croix. Non pas un dieu mort et éternel depuis toujours, mais un dieu mourant depuis toujours. Non pas un dieu qui demande que l’on tue en son nom, mais un dieu qui demande notre aide, notre compassion.
Un des sommets du film est l’entretien de Udi Aloni avec Yasser Arafat, pendant lequel le réalisateur demande pardon au nom du peuple juif pour les violences contre le peuple palestinien. Tout en symbole, sans aucun mandat, cet acte politique, militant, mis en vidéo est d’une puissance et d’une émotion rare. Non pas pour la réponse attendue d’Arafat au nom du peuple palestinien mais pour le nouveau champ qu’il ouvre dans le discours israélien, amorce différente d’un dialogue de paix.
Ne serait ce pas là un événement pour toute notre humanité ? Sur lequel s’appuyer encore et encore pour construire un monde de paix. Cet ange local n’est-il pas ton semblable avec qui te réconcilier, et sauver ton humanité ?
df.