Cette nuit, je te vois maintenant immobile (Jean Joubert)

Par Arbrealettres


Cette nuit, je te vois maintenant immobile
dans le prisme de verre éclairé par les feux
mouvants des passes maritimes.
Ta chambre s’est emplie de verre, et tu fus prise
en ton sommeil, dans le désordre extrême de la nuit,
dans l’ordre extrême de ton corps, ta chevelure
coulant de source blanche sur l’acier,
sur la blessure de la bouche et le sable aux plis d’ombre,
et sur tes yeux ouverts qui virent sans terreur
l’entrée de l’hôte transparent.

(Jean Joubert)


Illustration: Carolus Duran