Alors, ne bougeons plus sur la terre nocturne (Jean Joubert)

Par Arbrealettres


Alors, ne bougeons plus sur la terre nocturne,
et gardons notre souffle, et gardons notre coeur,
puisque le geste en nous glisse d’étroites lances,
et que le coeur s’essouffle un peu plus chaque jour.

Prenons message de la cire et de la pierre,
plus que de l’arbre au ciel encore mouvant,
plus que de l’eau qui dort au creux des seins,
mais qu’une voix vite réveille.

Juste un instant, laissons nos mains ensevelies,
nos corps cernés de vastes transparences
trouver mesure et force de la nuit,

car alors notre vie se joue sur des terrasses
illuminées, entre mer et brouillard,
dans la seule clarté d’une terre fugace.

(Jean Joubert)

Illustration: Sabin Balasa