On qualifie souvent les investisseurs de cigale ou de fourmi. La fable de Jean de la Fontaine servait justement à illustrer les bienfaits de l’économie et de la gestion de son budget. Mais c’est plutôt simpliste. Il y a certainement d’autres types d’épargnants. Si en général, il vaut mieux être une fourmi qu’une cigale…, on peut dire qu’en introduisant la taxation dans le règne animal… il est plus tentant de chanter tout l’été. Serge Rouleau a même été plus loin. En 2008, il a fait l’effort de chiffrer l’impact de l’épargne taxable comparativement à la «dépense systématique»… et la cigale finit première, car elle se fait récompenser par l’état!
Regardons de plus près d’autres types investisseurs qu’on retrouve parmi les insectes et autres petites bebittes.

Abeille: Cet investisseur ne peut s’arrêter de butiner. Sans plan, sans logique, sans objectif… il fréquente des tas d’institutions financières dans l’espoir de trouver un nectar plus doux. Sa quête s’arrêtera peut-être le jour où il prendra conscience que le miel a été consommé par ses frais bancaires et qu’il ne lui reste pas grand-chose pour ses vieux jours.
Luciole: dotée de la bioluminescence, l’épargnant luciole se croît très brillant. En fait, il parvient effectivement à faire de bon coup de temps à autre, mais c’est pour séduire la galerie. Il faut 5000 lucioles pour produire l’éclat d’une seule bougie!

Monarque: Ce papillon plein de grâce est fascinant à observer. Toute l’énergie qu’il emmagasine le transportera vers les pays chauds en automne. Au printemps, il amorcera le périple inverse. Aucune autre espèce ne réalise une telle migration deux fois. Comme l’investisseur qui s’est fixé le but précis de retraite au soleil, le monarque parcourt des milliers de kilomètres. L’accouplement et la ponte motivent leurs déplacements. Le retraités préfèrent plutôt la chaise longue et le mojito.
Éphémère: C’est un visiteur ponctuel des marchés boursiers. Il ne vit que le temps d’une séance. Dès sa première perte il se retire, vend les quelques billes qu’il lui reste et ne se présente plus sur les parquets. Il fait le bonheur des bousiers et autre parasites financiers.
Araignée: Les araignées communes des maisons sont comme l’investisseur intéressé. Elles sont utiles. Elles éliminent des parasites qui nous embêtent en boudant les sociétés mal gérées et tissent la toile qui retiendra, sa progéniture, sa niche et son garde-manger. Chaque fil est comme une stratégie qui s’intègre dans son plan de vie. Les vents et les évènements destructeurs ne la feront jamais renoncer. Tisser sa toile est une oeuvre à long terme qui rapporte.

Punaise: Comme le daytrader, la punaise dépend exclusivement de son hôte. Elle a d’ailleurs une durée de vie similaire soit environ 24 mois. La punaise des lits et le spéculateur boursier sont des ectoparasites de l’être humain, c’est-à-dire qu’ils vivent sur l’être humain ou à proximité. Ils vivent généralement en petits groupes et passent leurs journées cachées dans les fentes et les fissures des habitations et des parquets boursiers. Les spéculateurs à court terme vampirisent tout ce qu’ils trouvent. Biens durables, commerces de détails, sociétés pétrolières, sables bitumineux et denrées périssables de toutes sortes. Ils s’infiltrent partout.