Un peu partout dès qu'il s'agit de Black Dynamite, on peut lire le nom de Quentin Tarantino quelques lignes plus bas. C'est à la fois normal et évident. Pas question d'avouer que « ouais... sans lui c'est vrai je m'y serais jamais intéressé ».
Mais payer mon hommage à Jackie Brown, non merci. Hommage aux égéries, oui. Aux héros comme aux B.O. qui ont bercé tout le hip hop, oui. Puisqu'on est à parler de Black Dynamite, parodie black exploitée sans le côté lourdingue de faire un bon mauvais film drôle en s'inspirant d'une poignée de bons mauvais films, autant remonter à la source.
« Where's Iceberg Slim? He was the coldest cat », Jay-Z, Kingdom come.
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"Toujours très belles, généralement peu vêtues". C'est souvent ce à quoi on résume une présence féminine dans le genre. Sauf que, comme leurs homologues masculins, elles gagnent à la fin ou en tout cas contre-balance avec le défaitisme des seventies. Coffy ou Foxy Brown arrivent en tête des classements. Pam Grier y est exceptionnellement sexy. Le plot de Coffy, c'est juste une infirmière qui découvre que sa sœur est accro au smack. Elle approche le dealer responsable sur son propre terrain pour le supprimer. Classique, sa seule arme reste son charme. Quand elle enlève ses habits d'infirmière, elle est prête à tout pour assouvir sa vengeance. Son ennemi ne voit rien. A part une paire de seins. Ils sont partout. Idem dans Foxy Brown. Une sombre histoire avec un maquereau finalement castré par madame.
Quand est publié PIMP en 1967, la musique noire devient celle du « doigt qui claque », noir sur fond blanc, celle de Stax. La musique devient indissociable du nationalisme noir. La non-violence de Luther King avec de l'autre côté le radicalisme du Black Power, Malcolm X et Black Panthers : Say it loud (I'm Black And I'm Proud). En musique comme au cinéma, The Message devait dominer. Mais il semblerait que les femmes, elles, doivent rester allongées. Celle que l'on remarque moins, c'est Tamara Dobson, aka Cleopatra Jones. Parce qu'elle reste habillée. Les frileux ne peuvent rien dire, elle est l'agent secret à l'autorité incontestée. Quand Coffy tire les cheveux, Cleopatra fait du kung-fu. Quoiqu'il en soit, c'est une caricature, du cartoon quelque soit le personnage lorsque les hommes sont plus que des hommes et les femmes plus que des femmes. Dans The Human Tornado, Rudy Ray Moore est Dolemite et se ballade avec une cape à son nom, une fois au lit le plafond s'écroule. Ces personnages sont drôles, charismatiques. Et il est amusant de toujours s'entendre rabâcher la même histoire. A savoir que tous ces films portent la cause noire en étendard. C'est vrai, lorsque Shaft ne peut pas prendre un taxi au début du film, on pense à ceux qui n'ont pu monter dans un bus pendant des années. Lorsque Sweetback s'échappe, c'est un pied de nez à l'autorité. Quand Black Caesar commence par cirer des pompes pour devenir le parrain de Harlem, c'est montrer qu'on peut venir de rien et arriver en haut, faire son rêve américain même dans l'illégalité. On peut parler de mauvais modèles, Curtis Mayfield chante l'anti-Superfly en bande son.
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C'est là ou le film de Scott Sanders a tout bon. Son film est drôle, violent et irréel. Michael Jay White, l'amputé de Kill Bill, excelle façon Richard Roundtree en moins chiant. Quand les blancs vendent des litres d'Anaconda à la communauté noire, Black Dynamite découvre une vaste conspiration. Il sort son flingue, nique le militantisme et fait du kung-fu pour le duel final. Point barre de fer dans la gueule.
Un film: Black Dynamite de Scott Sanders.
Un disque: Can You Dig It? The Music And Politics Of Black Action Film 1968-75, Soul Jazz Records.