Par des humains pour des humains
L'une des nouveautés les plus enthousiasmantes de la journée fut le synthétiseur virtuel Circle, de chez Future Audio Workshop. Deux jeunes développeurs partis s'installer en Irlande, et qui ont choisi une approche rafraîchissante du développement de synthétiseurs logiciels: plutôt que de se focaliser sur l'originalité sonore ou sur les performances de calcul, ils se sont attachés à produire une interface utilisateur de très grande qualité. Exit les panneaux en bois, les vis en métal et les potars photo-réalistes parfaits pour des doigts que, souris oblige, on n'utilise pas. Ils ont développé une interface abstraite (qui n'est pas sans rappeler celle de Live), réellement étudiée pour le travail sur ordinateur.Un exemple: chaque source de modulation a une petite lumière de sa propre couleur, qu'on peut tirer et déposer sur les petits réceptacles prévus à ce effet de n'importe quel autre contrôle de l'interface. Les modulations sont ainsi totalement flexibles, mais restent néanmoins parfaitement visibles. Malin!
Rendez-leur visite sur leur site, ou lisez cette critique de Circle par Create Digital Music.
De l'invention au produit
Clavia est une entreprise pour laquelle j'ai beaucoup de respect, et je garde un très bon contact avec ses ingénieurs depuis mon entretien chez eux en mars 2006 à Stockholm. Cette année encore, je suis allé leur rendre visite sur le stand tout rouge, et j'ai pu discuter avec Hans Nordélius, le fondateur de l'entreprise. Lui, pour le coup, c'est vraiment un vieux routier, dans le business depuis 1983, et lorsqu'il me parle de sa vision d'un produit, je me tais et j'écoute.Hans est un ingénieur. C'est lui qui fut à l'origine du premier pad de batterie numérique, le Digital Percussion Plate 1, qui allait faire connaître Clavia et sa ligne de produits ddrum. Encore aujourd'hui, c'est lui qui élabore l'électronique des synthétiseurs Nord, et plus généralement, c'est lui qui a le dernier mot sur les décisions techniques, mais aussi commerciales.
Ce qui m'éclate vraiment, c'est que mes produits se vendent. Pour moi, le seul tampon qui valide la qualité d'un produit, c'est l'argent que le client sort dans le magasin. Je ne suis pas juste un inventeur ; un produit qui ne se vend pas, ça n'a rien de génial.
C'est en vertu de ce principe que, lorsque les "grabbar" de chez Clavia ont une idée de nouveau produit, ils la testent auprès de musiciens: sans réelle demande, pas question de se lancer. Chez Clavia, un produit, c'est plus qu'une simple réussite technique.
Un autre point important: Clavia ne transige pas avec la qualité. Inutile de lui demander pourquoi il ne fait pas produire ses instruments en Chine - la question l'énerve. Les instruments sont conçus et assemblés à Stockholm, et le public ne s'y trompe pas: un Nord, c'est cher, mais c'est du bon! L'augmentation stable des ventes de Clavia est un bel exemple qui montre que la qualité est une valeur qui marche sur le long terme. Et c'est aussi mon credo.