une lèpre de métal

Publié le 01 septembre 2009 par Micheltabanou


Sommes-nous en face d’une photographie extraite d’un reportage au cœur d’une mégalopole sud américaine où les riches propriétés se protègent derrière une imposante barrière de métal. Ou face au bien d’un expatrié oligarque russe quelque part sur la Côte d’Azur ? Pourrions-nous deviner la présence inquiétante d’une surveillance encore plus accrue au-delà de cette barrière sombre ? Présence de rondes, de molosses ou de tout autre moyen de surveillance sont t-ils susceptibles d’être décelés ? Tout un mystère pas si éloigné et bien hors de toute évocation d’un monde devant s’extraire du quotidien souriant environnant par l’édification d’une nouvelle muraille ! Un nouveau mur ! Et à Fontenay celui-ci dans un secteur ayant défrayé la chronique dernièrement avec un immense soulèvement de la population riveraine et au-delà autour du projet « Zola ». Une lèpre de métal de près de 40 de long et de 4m de haut, édifiée en toute simplicité et facilité et qui vient aujourd’hui barrer l’horizon des riverains lui faisant face. Les photos sont édifiantes, c’est bien le mot ! La vie est belle à croquer et le matin j’imagine ces riverains ouvrir, souriant, leurs fenêtres  au jour naissant et devoir bien vite refermer les yeux tant la laideur de cette muraille ne leur offre que rejet, que fermeture sur la vie, que refus du « vivre ensemble »…

Je suis partisan de ce « vivre ensemble » et refuse avec force toutes les murailles qui n’ont pour objet que d’isoler, d’établir des frontières infranchissables pour ne favoriser que l’exclusion. Pour se protéger on exclue, on établit une insupportable différence et on ignore l’extérieur ! Plus terre à terre que nous faut-il penser de l’avenir du bien immobilier de ses citoyens qui prend avec ce coup là une sacrée décote! Bien entendu que  c’est une pensée mercantile mais le bonheur de celui qui a travaillé, peiné sa vie entière, pour acquérir un chez soi ouvert sur le monde et qui se voit malgré lui entraîné dans une défiguration de son environnement a le droit de se sentir spolié et dépossédé. Je me demande comment a été envisagée la concertation dans cette opération ! Gageons que nous n’irons pas plus loin et que la pose de miradors n’est pas envisagée! En toute plaisanterie ou humour noir, comme l’aimait tant André Breton, bien entendu… avec en prime que ma colère s’érige contre tout mur, contre toute édification semblable sur la ville de la part de qui que cela soit car j’y trouve un interdit au « vivre ensemble ».