L'ex président de la BnF (2000à 2007) et auteur du livre Quand Google défie l'Europe, n'allait certainement rester de marbre. Le Figaro lui a ouvert sa tribune, pour qu'il puisse s'exprimer sur ce sujet.
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Il a aussi rappelé l'attitude cavalière de Google, qui a numérisé à tour de bras sans se soucier du droit d'auteur et a pointé que le géant vivait de la publicité et qu'il était bien ancré dans la culture américaine. De ce fait, il estime que lui confier « la responsabilité du choix des livres, la maîtrise planétaire de leur forme numérisée et la quasi-exclusivité de leur indexation sur la Toile [...] voilà bien qui n'était pas supportable ».
Oui mais encore reste l'argument du coût trop élevé de la numérisation des fonds de la BnF. Pour Jean-Noël Jeanneney, cet argument est « vraiment dérisoire » face aux aspects politiques, culturels et moraux qu'il a développés.
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Enfin, il estime que même si après ce choix le budget devait être deux fois supérieur à celui alloué (c'est à dire 10 millions), c'est un effort auquel « la nation » devrait consentir. Sur une note d'espoir il indique aussi que le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, « s'est heureusement hâté de faire savoir qu'il gardait les mains libres ».