Michel Rocard a rendu sa copie concernant l’établissement d’une « Taxe Carbone », c’est le CCE, rapport Contribution Climat Energie … Notons au passage que cette « idée » n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1920, l’économiste britannique Arthur Pigou avait théorisé le principe du « pollueur-payeur », mais le pollueur en l’occurrence,c’est maintenant chacun de nous. C’est là que le bât blesse : plus question en effet de désigner toujours « l’autre ». Non, cette fois-ci nous sommes véritablement tous concernés et tous responsables.
Le planète Terre était-elle faite pour 8 milliards d’habitants ? est une autre et vaste question, décisive à mon sens, mais sur laquelle il serait très polémique de gloser.
En 2007, on estimait que la population humaine mondiale croissait, avec quatre naissances par seconde, de 221 000 habitants par jour.

La taxe sera appliquée sur les énergies fossiles (gaz, charbon et pétrole) utilisées pour le transport et le chauffage des bâtiments. L’idée défendue par Michel Rocard, de taxer l’électricité n’a pas encore été tranchée. Le dispositif pourra prendre par exemple la forme d’une taxe supplémentaire appliqué lors du passage à la pompe à essence. Le CEE estime ce surcoût entre 7 et 8 centimes par litre (au début, plus à terme !).

Les partisans “initiateurs” ont un discours assez stéréotypé, en substance : « Cette taxe ne règlera certes pas tous les problèmes, mais elle est très importante car elle est un signe, « le » signe qui forcera les prises de conscience. Il est certain que tant que l’on ne touche pas au portefeuille les bonnes intentions et les grandes déclarations ne coûtent pas cher !
Il y a ceux qui bien que très partisans de la taxe dans les discours antérieurs, comprennent au pied de l’obstacle que la facture présentée en pleine crise par ailleurs, risque bien de na pas être très populaire et ils entonnent le refrain de la solidarité. On ne parlerait plus de « pollueur-payeur » mais comme toujours de riches et de pauvres. Le pauvre, même pollueur, obtiendrait ainsi compensation financière en dépit de ses gâchis énergétiques.

Le plus étonnant dans ces réactions diverse c’est l’idée développée que cette taxe doit être indolore, « ne pas pénaliser » etc. C’est assez désarmant! Il est évident que cette “anesthésie” irait à l’encontre même des effets recherchés : diminuer les consommations. Pourquoi voudriez-vous que la grande majorité change d’habitudes alors même que continuer comme avant ne serait pas pénalisant. Il y faudrait une conscience collective difficile à imaginer réellement.

Il n’y a pas de véritables réformes, de changement de mode de vie, indolores. C’est mentir honteusement que de le prétendre. A l’image de nombreuses mutations historiques, il y aura du négatif ressenti et du positif objectif. Le développement de nouvelles technologies, par exemple, peut être un volet très prometteur, créateur de nouvelles richesses et d’emplois, socialement positif. Il faudra « laisser le temps au temps » et là réside, pour le politique, le plus difficile à faire admettre.
