Philippe Cohen de Marianne ne sait pas lire le Bilan de Arrêts sur Images de Daniel Schneidermann

Publié le 06 mai 2009 par Mry

Dans une diatribe sans égale sous la plume d'un de ses journalistes Régis Soubrouillard, Philippe Cohen, de Marianne, règle ses comptes avec ses concurrents les plus directs pour éviter de se regarder lui même...

En juin dernier, abandonnant Marianne, Philippe Cohen s'est engagé tambour battant derrière Jacques Rosselin pour devenir le rédacteur en chef de l'excellent journal militant de gauche Vendredi. Remercié six mois plus tard, Philippe Cohen est retourné chez Marianne qui faisait sa mue en intégrant le web à la rédaction juridiquement et rédactionnellement.

Dans ce contexte, Philippe Cohen avait certainement besoin de retrouver de sa superbe.

Tout a commencé avec la sortie de Alain Finkielkraut dans Arrêts sur Images sur le net. Mais regardez plutôt :


Cette vidéo révèle à quel point le philosophe ne comprend rien à Internet. Quelques jours plus tard sur France Culture,  Alain Finkielkraut en remet une couche non pas sur Internet mais sur l'émission de Daniel Schneidermann : « l’évolution d’une émission qui a eu son heure de gloire à la télévision : l’idée que la presse n’est pas seulement un contre pouvoir mais aussi le premier pouvoir selon une expression d’Elisabeth Lévy. Cette émission est passée sur le net, elle crée une émission interne qui s’appelle ligne jaune, confiée à Guy Birenbaum, un éditeur dont la spécialité était de révéler les secrets de la vie privée d’un certain nombre de personnalités célèbres. L’opposition du public et du privé, procédure de raréfaction du discours a sauté sur Internet, il ne s’agit plus alors de moraliser la presse mais d’épouser le mouvement, de libérer le discours journalistique de tous les freins qu’il pouvait connaître. Je trouve l’évolution de cette émission extraordinairement symptomatique et elle me fait peur». C'est à partir de ce point que Philippe Cohen a fait écrire l'article "linké" ci-dessus.

Si je suis d'accord avec le constat terrible contre Daniel Schneidermann qui tente de refaire de la télévision sur le web faute de mieux (...et par la même démontre qu'il ne comprend toujours rien au web), je ne peux accepter que Philippe Cohen soit malhonnête intellectuellement en s'appuyant sur les mots d'un philosophe qui démontre par ses paroles à quel point il ne comprend rien au net. Philippe Cohen n'analyse pas les choses telles qu'elles sont pour, à l'évidence, les montrer telles qu'il aimerait qu'elles soient.

Philippe Cohen est d'autant plus subversif qu'il avait tout à sa disposition.

Si Philippe Cohen avait bien voulu se donner la peine de regarder les chiffres accessibles sur le site (il peut les voir là : Téléchargement du bilan de la société éditrice de Arrêts sur Images and co et  Téléchargement de la note de couverture du Bilan), il se serait rendu compte que la première année de Arrêts sur Images sur le net est un succès avec un bénéfice de plus de 200K€. On ne peut pas me reprocher d'être complaisant avec Daniel Schneidermann (..et même s'il a astucieusement markété son licenciement en une martyrisation l'année dernière pour faire pleurer dans les chaumières des futurs abonnés), mais force est de constater que sa première année est bénéficiaire (la seconde s'engage sous de nettement plus mauvais hospices car les non-réabonnements sont de 45%). Et rien que cela montre à quel point Philippe Cohen est dans le faux, la tromperie ou dans le mensonge. Sur ce sujet, sa boucle est bouclée.