Petit éclairage sur certaines d'entre elles...
Très loin de l'american way of life...
Copyright. Cédric Smith. Galerie Nordine Zidoun
Puis, petit tour à la galerie Frank Elbaz, rue Saint-Claude, où je découvre Wallace Berman par ces collages en noir et blanc, ces fameux "Verifax collages". C'est transgressif et troublant: une photo du pape en noir et blanc accolée en-dessous à une femme nue qui est elle-même suivie d'une photo de serpent...Vous me suivez ? Dénonciation de la tentation, interrogation sur la religion, dénonciation d'une certaine forme de violence? Une première approche de l'artiste qui m'a intrigué, je veux en savoir plus sur cet homme qui fut un des dignes représentants de la "Beat Generation"; mouvement plus connu par ces écrivains comme Jack Kerouac.
Enfin, mon "coup de Zinc" du week end pour finir :
François Rousseau à la galerie Pierre-Alain Challier...Je l'ai découvert il y a quelques jours à la Maison Europénne de la photo et j'avoue avoir survolé l'expo sans la comprendre. Je redécouvre le travail de l'artiste cette fois-ci d'une façon plus intimiste, feutrée, dans une atmosphère soignée et volontairement très tamisée qui contraste volontairement avec la mise en scène proposée à la MEP : très scénique, plus agressive, rythmée par une musique de chambre originale (partie intégrante du projet, composée par Mikael Karlsson).Fasciné par les rapports du peintre avec ses modèles, il décide de "réécrire" le roman dans une mise en scène photographique où Los Angeles apparaît comme une cité des anges magnifiquement déchue. Pour établir une relation différente avec ses modèles et obtenir une implication différente, il les choisit tous artistes, sculpteurs, peintres, musiciens.
On approche d'une certaine perfection esthétique, les photos de ces hommes blacks ou blancs apparaissant comme des icônes transgressives. Le Nu dans tous ses états et dans toute sa force, pourrait-on dire? Probablement, la nudité étant au coeur du livre comme au coeur de la démarche de François Rousseau qui le sublime notamment en optant par un grand format pour chaque "tableau". La beauté révélée par les photos frôle avec le surnaturel et semble répondre de façon volontairement provocante à la violence de certaines scènes : la beauté contre la barbarie...?
Une photo sublime me revient en tête, celle de ces hommes noirs adossés à une table, regards vifs, perdus, ou interrogateurs dans une quasi obscurité. Seuls leurs visages et leurs corps sont éclairés. Cette photo m'a happé par la puissance physique qu'elle dégage et par ce jeu extraordinaire de lumière, incandescente comme une flamme de bougie d'un tableau de Georges de la Tour. Elle me hante encore aujourd'hui...