Les Temps Tiraillés, spectacle montré au Centre Pompidou ces derniers jours, est d’abord le fruit d’un travail en commun d’un compositeur Georg Friedrich Haas et d’une chorégraphe, Myriam Gourfink. L’un compose, pour basson, alti et électronique, des musiques d’une infinie lenteur, comme si, dit-il, il y avait dix touches intermédiaires entre chaque touche de piano, avec des ‘glissanti’ infiniment longs.
L’autre, en même temps, écrit des chorégraphies où les corps s’enroulent et se déroulent dans des mouvements imperceptibles, quasi immobiles, précis et fluides. L’un n’est pas au service de l’autre ou vice-versa, les deux ont avancé en parallèle, avec la surprise de

La musique électronique domine les vingt premières minutes; il y a ensuite vingt minutes de quasi silence, et c’est très beau, cette danse silencieuse. La fin de l’heure est accompagnée de musique de chambre simplement amplifiée par l’électronique. Trois ambiances musicales différentes, trois perceptions différentes, mais une même unité de danse.


Mais ce ne sont que des critiques minimes pour un spectacle fascinant de pureté et de lenteur. Outre la conjonction de ces deux créations, l’importance donnée à la notation et l’utilisation de l’informatique, dans les deux disciplines, introduisent aussi une complexité et une tension très intéressantes.
Photos du spectacle © Eric Legay.
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