J’aime beaucoup que l’on me prête des livres car je découvre souvent ainsi de nouveaux auteurs. Je ne connaissais pas du tout Marjolaine Solaro avant cette lecture qui m’a beaucoup plu. On pourrait penser que l’on va rentrer dans une histoire pleine de légèreté quand nous est présentée Eglantine, jeune réalisatrice ambitieuse à qui tout réussi, mais la vie réserve bien des surprises et Marjolaine Solaro nous entraine dans un récit émouvant aux côtés d’une jeune femme bien malmenée par son hérédité… Tout est pour le mieux dans la vie d’Eglantine. Elle s’apprête à réaliser son premier film et est enceinte de son deuxième enfant. Mener ces deux projets de front ne lui semble pas impossible jusqu’à ce qu’elle tombe malade. Une jaunisse inexplicable l’oblige à rester à l’hôpital. Les médecins sont assez déroutés par ses symptômes et redoutent des conséquences sur la santé du bébé. Eglantine veut sortir à tout prix de l’hôpital et continuer son film mais cela s’avère impossible. Le quotidien de la famille, chamboulé, va devoir se réorganiser. La grand-mère vient prendre soin de l’aîné, tandis qu’Eglantine doit accepter l’immobilisation forcée. Ce temps qui s’étire et les inquiétudes familiales mettent soudain à jour des secrets bien enfouis et une malédiction touchant les cadettes… J’ai été happée par ce récit, porté par l’écriture fluide de Marjolaine Solaro. D’emblée, l’empathie a été là avec le personnage d’Eglantine, tiraillée entre son désir de continuer sa vie d’avant et l’obligation de prendre soin d’elle et de son bébé. Je ne vais rien révéler de la suite mais certains détails de l’hôpital, le fait qu’Eglantine s’aperçoive être passée par tous les étages du bâtiment ont réveillé quelques souvenirs et sont très réalistes. L’autrice met aussi en avant la transmission transgénérationnelle et notre faculté à en briser le processus, ce qui est vraiment très intéressant et fait réfléchir. La richesse de ce roman réside également dans les portraits des personnages secondaires et dans l’intense humanité qui en émane.
Editions L’Archipel – 16 janvier 2025
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup… 
