ta souffranceest une maîtresse exclusivequi ne se laisse pas quitter ni négligersans coup férirfais-tu mine de l’oublier qu’elle produit ses dossiers convoque ses affidéselle te tienttu lui es attaché soumis en véritéelle se ritde tes velléités d’émancipation de tes résolutions de libertévoilà bien longtemps qu’elle a pris ses quartiers en ta demeure dévastéeprétendre l’en déloger est osépas moins que présomptueuxelle en a vu défilerdes versions de toi plus ou moins assurées mais au final toutessi peu arméesface à sa positionde reine
héréditairecampée sur son bon droit si sûre d’ellede ses loislui échapper est malaisé rare inespéréil y faut de l’innocence de la puretéet de la générositési par quelque grâce tu viens à te sevrer de sa passion triste et férocetu n’en es pas pour autantlégercomme plume au ventil te reste la souffranceplus la tienne non juste celledu monde entierextrait de "Dernière Pluie" de Gilles Farcetvous dirai jece que vous avez envie que je vous dise ? nonvous dirai je ce que vous n’avez pas envie que je vous dise ? cela dépendce que vous avez envie que je vous diseje ne vous le dirai pas ce que vous n’avez pas envie
que je vous disesi vous voulez que je vous le diseje vous le diraienvie ou pasencore vous faudra-t-il meconvaincrede votre volonté à ce que je vous dise ce que vous n’avez pas envie que je vous disefaute de quoi je me garderai de vous le dire et vous demeurerez seul avec toutes vos envies(texte inédit). extrait de Dernière Pluie. par Gilles farcet--------------------
