Parmi les favorites pour ce titre tellement convoité de reine du «Homecoming», il y a Joanna, alias Jo, la petite-fille de Jeremiah Fitzjurl, un vétéran du Vietnam qui règne sur le cimetière automobile de la ville et qui a troqué son addiction à l’alcool contre un amour inconditionnel envers sa petite-fille le jour où son père s’est retrouvé emprisonné à perpétuité pour meurtre. Bref, il ne vaut mieux pas toucher à la petite !
Au fil des pages, Eli Cranor lève progressivement le voile sur le terrible drame qui s’est déroulé à Taggart il y a près d’une vingtaine d’années et qui est à l’origine de la haine qui oppose la famille de Jeremiah au clan des Ledford, des suprémacistes blancs renommés en tant que dealers de meth et adeptes du Ku Klux Klan. Le lecteur découvre donc progressivement la rivalité entre ces deux familles, ainsi que les secrets enfouis de cette ville fantôme sur le déclin, le tout arrosé d’un cocktail particulièrement explosif mêlant drogue, alcool, armes à feu, haine et racisme.
Bref, une histoire de vengeance particulièrement sombre et peu reluisante, portée par des personnages déchirés par un drame commun et baignant dans une misère collective. Pourtant, au beau milieu de toute cette noirceur, il y a heureusement cette relation tellement touchante entre un grand-père et sa petite-fille qui vient nous apporter un brin de lumière…
Chiens des Ozarks, Eli Cranor, Sonatine, 304 p., 22€
Elles/ils en parlent également : Cannibal Lecteur, Aude, Julie, Kitty, Stelphique, Cindy, Julie, Sharon, Julie, Pierre, Ô grimoire, Dealer de lignes, Ma voix au chapitre
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