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Maurice Ravel

Publié le 07 mars 2025 par Adtraviata
Maurice Ravel

Quatrième de couverture :

La musique de Maurice Ravel (1875-1937) est le plus hospitalier et enthousiasmant des labyrinthes pour qui se donne la peine d’en franchir le seuil. Cette œuvre fait cohabiter en une stupéfiante harmonie – témoignant d’un métier dont le plus prodigieux est la facilité avec laquelle il se fait oublier – la licence et la grâce, la pureté de la forme et les épanchements retenus, l’instinct et l’art d’en disposer.
La littérature ravélienne est déjà considérable, mais l’humilité n’excluant pas la passion, le présent ouvrage n’a d’autre ambition que d’esquisser, en quelques pages, une manière de portrait chinois, impressionniste si l’on ose dire, et ce faisant de proposer des chemins de traverse et de possibles clés pour forcer en douceur les portes de ce jardin féerique. Il ne veut être qu’invitation à la découverte de ce labyrinthe dans lequel Ravel, tour à tour Petit Poucet et oiseau, a pris un plaisir enfantin à semer les indices pour mieux brouiller les pistes. Une invitation guidée par l’intime conviction que ce labyrinthe reste le plus sûr remède à tous nos passagers égarements.

Ce 7 mars, on célèbre les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel à Ciboure, le 7 mars 1875. De ce compositeur que j’aime d’amour, j’ai déjà pas mal parlé ici, notamment avec la lecture des romans de Jean Echenoz (cité par David Sanson) et de Michel Bernard. Je vous ai souvent proposé aussi d’écouter sa musique, il suffit de taper « Ravel » dans le moteur de recherche et vous trouverez toutes les entrées liées à ce musicien si raffiné. Je n’ai pas envie de faire un compte-rendu détaillé de cet ouvrage de la collection Actes Sud / Classica, non qu’il ne m’ait pas plu, au contraire, mais l’important pour moi était de rendre un hommage à Ravel. J’ai bien aimé les titres de chapitres :

I. Maturités II. Le géomètre III. Curiosités IV. L’engagé V. Postérités VI. Le voyageur VII. Affinités VIII. L’enfant IX. Sensualités X. Le Belvédère

C’était une promenade dans l’univers de Ravel, ce petit homme si élégant, dont le raffinement cachait à la fois la nostalgie de l’enfance et la très grande pudeur, cet homme déjà engagé pour Dreyfus en son temps, ce petit homme de 1,62 m réformé par l’armée mais qui parvient à se faire enrôler comme conducteur d’ambulance à l’arrière de la bataille de Verdun, et dont la vie et la musique seront marquées à jamais par la Grande Guerre, cet homme né au Pays basque, vite emmené à Paris par sa famille qui encourage ses dons musicaux mais qui reviendra souvent se ressourcer et s’inspirer de son pays d’enfance, cet homme secret qui avait pourtant de nombreux amis, musiciens et autres, qui aimait la fête, le jazz, la danse et les voyages, l’homme relié à ses amis et à ceux qui le précédaient dans l’histoire de la musique (Mozart aurait influencé le mouvement lent du Concerto pour piano en sol, Couperin figure au titre de l’oeuvre composée pour le piano d’abord, orchestrée ensuite, en mémoire de six amis tombés au champ d’honneur en 14-18), l’homme curieux de tout et surtout de la modernité avec le bruit de ses machines qui lui inspire le (trop ?) célèbre Boléro, l’homme qui aimait la littérature, la poésie symboliste et qui écrivit avec Colette L’enfant et les sortilèges, le musicien orchestrateur de génie (notamment des Tableaux d’une exposition de Moussorgski), le petit homme qui vécut de nombreuses années dans sa « petite » maison de Montfort-L’Amaury avec son jardin japonais, son piano et ses chats siamois. Petit homme, peut-être, par la taille, mais « colosse insoupçonné » selon le sous-titre du livre. Tout cela est évoqué, avec bien plus de détails, par Daniel Sanson, qui écrit ma foi très bien et donne envie d’écouter tout Ravel. Avec une discothèque idéale en annexe.

Bon anniversaire, mon très cher Maurice Ravel !

« Etrange aussi comme la musique de Ravel, pour peu que l’on traverse son miroir, révèle ainsi des aspérités que la ligne claire de son oeuvre n’a certes pas gommées, plutôt merveilleusement digérées. Son art s’abreuve à tous les autres. On est par exemple frappé, à la lecture des lettres narrant sa croisière sur les fleuves d’Europe en 1905, par la manière proprement synesthésique dont il décrit ses impressions, convoquant la littérature et les peintres dans des considérations essentiellement picturales : entre « paysages mécaniques » et  » brouillard jaune », ce périple devait inspirer au musicien trentenaire des images stupéfiantes, le bouleverser et le marquer éternellement… »

Daniel SANSON, Maurice Ravel – Colosse insoupçonné, Actes Sud / Classica, 2005

Si vous le souhaitez, voici une chouette biographie en musique trouvée ce matin sur le site de Musiq3.

Si vous le souhaitez encore, deux oeuvres à écouter, l’une pour le piano, l’autre orchestrée après avoir été composée pour le piano et dirigée par Pierre Boulez, considéré comme l’un des meilleurs chefs d’orchestre pour Ravel.


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