Il obtient le B.S. degree (Bachelor of Sciences) à l'United States Naval Academy en 1946, la même année où il marie Rosalynn Smith, née dans le même village, qui passera le restant de ses jours à ses côtés et avec qui il aura quatre enfants.
Carter aime la navy et projette d'y faire carrière. Toutefois à la mort de son père, lorsque Carter avait 19 ans, il se réoriente et se lance dans la culture d'arachides dans son village. Pieux homme, issu d'une famille baptiste, il enseigne le catéchisme ((il est d'ailleurs diacre de l'Église baptiste) et l'enseignera toute sa vie.
Sa carrière politique commence aux élections scolaires dans les années 60. Homme juste et au tempéremment doux, il prétend n'être à la solde de personne sinon de la justice (sous l'oeil averti de Dieu). Dans les années 1970, il est élu gouverneur de l'Alabama en soutenant le candidat George Wallace. En se faisant photographier régulièrement en compagnie de basketballeurs noirs il se gagnent les votes des anti-ségrégationistes et des noirs de l'Alabama.
Le scandale du Wartergate est une bénédiction pour lui. Les États-Unis ont honte de ce que Nixon a fait et tournent le dos aux Républicains de Gerald Ford. Carter, qui était bon dernier au tout départ comme potentiel candidat chez les Démocrates battera George Wallace, Jerry Brown et Mo Udall gràce à une campagne efficace où ses intelligents discours, calmes et posés tranchent avec les discours enflammés des autres candidats. Le fait de ne pas encore faire parti de la classe politique de Washinton devient un atout pour lui.
Il gagne avec 50.1% des votes contre 48% pour Ford. Il est le premier candidat originaire du sud profond à être élu président depuis 1848, soit avant la guerre de Sécesion.
Plein de nouvelles initiatives, son arrivée inspire la fraicheur. Il réorganise le gouvernement en séparant le ministère de la Santé, de l'Éducation et de la Protection sociale en deux, le ministère de l’Éducation d'une part et le ministère de la Santé et des Affaires sociales d'autre part. Il élève également l'agence pour l'énergie au rang de ministère de l'énergie.
Carter met les droits de l'homme au coeur de sa politique étrangère. Il met donc fin au soutien en armement apporté par les États-Unis depuis des décennies au dictateur Somoza au Nicaragua (ce que Reagan remettera en selle dès 1980). Il négocie entre l'Égypte et Israël un traité de paix connu sous le nom d'accords du camp David. Il signe aussi le traité de paix SALT II sur la limitation de l'armement stratégique en Union Soviétique et il est responsable du traité du Canal de Panama qui remet le canal sous autorité panaméenne. Il frappe d'un embargo les armes du régime militaire argentin et accorde une aide de plusieurs millions de dollars au régime sandiniste.
Si ses politiques extérieures sont un franc succès, il a beaucoup moins de succès au niveau de la politique intérieure, en se mettant à dos à la fois son propre parti et l’opposition à cause de ce qui est perçu comme un manque de volonté de coopérer avec le Congrès, ce qui était déjà le cas lorsqu'il était gouverneur.
1980 face au triste ignorant Ronald Reagan.
Carter affirme que les États-Unis ne laisseraient pas une puissance étrangère contrôler le golfe Persique et pour marquer ses propos, il annule la participation des États-Unis aux Jeux Olympiques d'été de Moscou. Cette initiative jugée trop molle par le peuple des États-Unis contribue aussi à sa chute.
C'est Ronald Reagan qui libèrera les otages d'Iran en janvier 1981 après qu'ils eurent été fait prisonniers pendant 444 jours.
Les meilleurs coups de Carter commencent pratiquement tous après sa présidence.
En 1982 il créé la fondation Carter qui se donne pour mission la résolution des conflits, la promotion de la démocratie ou encore l'aide au développement humanitaire. Ainsi, on le voit mener des missions d'observation des élections au Panama, au Nicaragua, en Haïti, en Éthiopie, en Indonésie et dans les territoires Palestiniens.
Il voulait survivre jusqu'à la victoire d'une première Femme présidente. Croyait aux compétences pour ce poste.
Il est ironique de voir partir un homme si bon, comme si c'était le tout dernier qui pourrait un jour penser bien commun, bienveillance, paix, tolérance; comme si il ne pouvait pas survivre à 2025, qui ouvrira avec le pire de l'homme réunit en un seul président.
Le doux président s'est éteint le 29 décembre dernier à l'âge de 100 ans.