
Roman - 220 pages
Editions Notabilia - janvier 2021
Clara, trentenaire, travaille au sein d'une agence de crédit. Un matin, ce matin-là, alors que des signes de "ça veut pas" se font sentir, elle réalise qu'au fond, elle ne veut pas, ne veut plus. Plus envie de supporter l'insupportable, de faire semblant, de subir les reproches perceptibles. Alors, elle ne se rend pas au bureau ce matin-là. Elle glisse dans une vie au ralenti, des jours de contemplation, de flottement...
Les mots de Gaëlle Josse nous happent dès les premières pages. Des phrases courtes qui rythment le récit, ciselé, cinglant. Cela donne tout son poids au vertige intérieur assez insignifiant à l'échelle globale.
C'est l'histoire, maîtrisée, d'une glissage silencieuse, d'un mal-être qui envahit et enveloppe, d'une femme qui se retire d'un monde d'injonctions et va essayer de pouvoir à nouveau aimer ce monde, aimer en ce monde.
Extrait :
"Tout donner. Elle repense à cette expression, une de celles qu’on entend partout, qu’il s’agisse d’une performance sportive ou d’un enjeu bien plus modeste. Depuis toujours, oui, faire bien, sans calculer, sans s’économiser, en petite fille sérieuse qui guette l’approbation, le sourire, la récompense. Un goût amer, là dans la bouche."
L'autrice signe un roman très contemporain sur la perte de vocation, la perte de sens, le burn-out. Une lecture qui m'a impressionnée et qui donne un angle de vue singulier à l'histoire dramatique intime de ces douleurs invisibles.