
Carmen (Anna-Katharina Tonauer), danseuses de flamenco

Carmen (Anna-Katharina Tonauer) et Don José (Alexandros Tsilogiannis)
« L'amour n'a jamais jamais connu de loi », proclame Carmen, qui se dit éprise de liberté et ne veut pas d'attaches. Mais à quel point est-elle vraiment libre ? C'est cette question qu'Herbert Föttinger met au coeur de sa mise en scène. Le metteur en scène place les relations psychologiques profondes entre les personnages légendaires au centre de sa production, il expose les fils invisibles qui relient inconsciemment Carmen, Don José, Escamillo, — mais aussi Don José et Micaëla — et les enchaînent dans le jeu des obsessions. Des enchevêtrements émotionnels intenses, examinés à travers une lentille théâtrale.

Escamillo (Daniel Gutmann)
L'orchestre dirigé par Rúben Dubrovsky rend compte de l'intensité dramatique de la musique de Bizet sans grande tension émotionnelle. Le rôle-titre est porté avec talent par la mezzo-soprano autrichienne Anna-Katharina Tonauer. Sa Carmen éprise de liberté semble indifférente, sauf à de rares moments, aux attentions masculines de tout ce qui porte culotte à Séville. Alexandros Tsigiolannis prête sa haute stature et son ténor dramatique de belle ampleur au contre-rôle de José, difficile à interpréter en raison de la nature de victime de ce soldat toujours suspect, emporté par une passion funeste et qui finit comme meurtrier en assassinant lâchement la femme qui lui échappe d'un coup de couteau dans le dos. Daniel Gutmann a le physique de l'emploi et la voix de stentor qui convient bien au personnage d'Escamillo : une belle tête au sourire ravageur posée sur un somptueux corps d'athlète aux puissants pectoraux et à la tablette de chocolat que la mise en scène dévoile voluptueusement. Le toréro n'est pas partisan : il pactise tant avec les forces de l'ordre qu'avec les insurgés. Son vestiaire aux costumes trop voyants pour être chics le rapproche du matamore de la comédie espagnole. Maria Celeng donne une Micaëla aux aigus trop haut perchés, plus criés que chantés, qui ne rend pas compte de la tendresse amoureuse doloriste du personnage. Holger Ohlmann prête sa belle voix de basse au lieutenant Zuniga, et en rend bien le machisme vulgaire et la prépotence parfaitement odieuse.
Le public a réservé un accueil chaleureux et des applaudissements nourris à la production et aux chanteurs.

Affiche de la production
Carmen
Musique de Georges Bizet Livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy D'après la nouvelle du même nom de Prosper Mérimée Nouveaux dialogues de Susanne F. Wolf et Herbert Föttinger, version française de Fedora Wesseler Distribution du 20 octobre 2024
Direction musicale Rubén DubrovskyRéalisé par Herbert FöttingerChorégraphie Karl Alfred Schreiner / Montserrat SuárezDécors Walter VogelweiderCostumes Alfred MayerhoferLumière Michael HeidingerDramaturgie Karin Bohnert, Fedora Wesseler
Carmen Anna-Katharina TonauerDon José Alexandros TsilogiannisMicaëla Maria CelengEscamillo Daniel GutmannZuniga Holger OhlmannMoralès Ludwig MittelhammerRemendado Jacob Romero KressinDancaire Jeremy BoultonFrasquita Mina YuMercedes Anna TetruashviliCasares Frank BergPastia de Lilla David SpaňhelDanseuses de flamenco Almudena Alvarez, Ariane Cervantes, Eva Sofía Quant, Noelia Quirós
Chœur, chœur supplémentaire, figurants et figurants enfants du Théâtre d'État de la GärtnerplatzOrchestre du Théâtre de la Gärtnerplatz
Crédit photographique © Markus Tordik
Prochaines représentations :les 24 et 27 octobre, les 14, 17, 22 et 30 novembre, les 20 et 22 décembre 2024, le 21 février et le 1er mars 2025.Billetterie.
