Nous étions partis du 3 août dernier à dimanche, le 20. Avons fait les îles d'Oahu et oui, celle de Maui, qui a brulé la ville de Lahaina au complet.
Les 8 et 9 août, quand la tragédie est survenue, nous étions à Oahu. On ne nous as pas empêché d'aller ensuite à Maui pour trois raisons. La première étant que nous allions être sur l'autre rive, Kihei. La seconde parce que notre avion de retour à la maison partait de l'aéroport de Maui. Si nous devions éviter d'y aller, ça devait venir de la compagnie aérienne qui aurait alors annulé nos vols. La dernière, probablement la plus importante, le tourisme nous voulait. On nous l'a souligné plusieurs fois, dans nos excursions et ailleurs. Il fallait continuer de faire rouler l'économie et tenter de retrouver un semblant de vie normale après l'équivalent d'Hiroshima/Nagasaki pour les gens de Lahaina.
Mais on a bien fait 10 jours à Oahu et 6 autres à Maui. Avec quelques ajustements nécessaires, les feux fermant des routes, un restaurant prévu, celui du batteur de Fleetwood Mac, ayant brûlé et une excursion annulée/remboursée/remplacée par une autre. On a quand même trouvé de la magie sur place en famille. Nous sommes partis croyant voir beaucoup de poissons et si chanceux, quelques tortues. Au final on aura vu autour de 70 tortues, dont une cinquantaine le même soir, et quelques poissons, beaucoup moins que prévus.
En allant voir des eucalyptus, on a aussi trouvé un trou sur le bord du chemin qui devenait un tracé dans une forêt de bambou, suivant une rivière. Ça débouchait sur un petit coin de paradis terrestre. Fameuse surprise.
Pour la première fois (ever ?) je n'ai pas lu une seule ligne d'un livre. J'en avais apporté 3. Un en cours, et deux autres. C'est mon rythme sur 18 jours, quand je ne suis pas en vacances. J'en ai même pris 2 autres dans des boites de livres gratuits, un à Oahu, un à Maui. Non, cette fois-ci j'ai privilégié le balado comme moyen d'évasion, dans l'évasion vacancière. Le balado du 1001 Album Club. Qui va encore durer longtemps. Et qui pousse vers la découverte musicale. De manière amusante.
J'ai fait de longs moments avec un album précis en l'oreille que j'ai joué et rejoué tellement il me fait toujours planer. Astral Weeks de Van Morrison. Un bijou pour mes oreilles et mon âme. Un album qui est aussi un voyage en apesanteur pour moi, tout le temps. Ironiquement, sur le bateau qui nous amenait à Turttletown pour aller zyeuter d'autres tortues de (pas trop) près, la musique pour s'y rendre était un best of Van Morisson. Pour le retour, les organisateurs avaient opté pour un best of Crosby, Stills, Nash & Young et Strange Brew quand l'alcool a été servi. Concept. Du bonheur pur.
Une chose que Van Morrison lui-même n'a pas pleinement compris ni accepté pendant la pandémie se comportant comme le pire des covidiots. Lui et Clapton. Clapton, on le sait idiot depuis longtemps. Mais Van, c'était une surprise pour moi.
Un Irlandais pète les plombs plus facilement que quiconque. Mais pour chaque dynamite Morrison, il a du flegme Brosnan ou du charme Edgar-Jones.
La famille Jones a eu des étoiles plein les yeux pendant 18 jours.
On a enregistré physiquement et mentalement, de la belle magie mémorable.
On a créé de l'or.
On a ronronné avec ce phoque qui s'est fait bronzer près de nous.
On a transcendé nos craintes d'enfants et nos pêchés d'adultes.
Dans des semaines astrales.
Croisées dans nos ADN.
*Toutes les images sont de moi, tirées de notre passage.