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TROUBLES ANXIEUX : Comment la peur se transforme en angoisse à vie

Publié le 30 août 2020 par Santelog @santelog
Ces neuroscientifiques parviennent à faire la distinction entre une peur aiguë et l’anxiété chronique (Visuel Adobe Stock 337660210)Ces neuroscientifiques parviennent à faire la distinction entre une peur aiguë et l’anxiété chronique (Visuel Adobe Stock 337660210)

Comment une peur soudaine se transforme en anxiété chronique ? Ces travaux d’imagerie cérébrale d’une équipe de l'Université du Nouveau-Mexique (Albuquerque) apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes cérébraux au travail dans le passage d’une expérience effrayante ponctuelle aux crises d’angoisse et aux troubles anxieux à vie. En décryptant ce processus d’évolution cérébrale vers l’anxiété permanente ou prolongée, ces neuroscientifiques parviennent à identifier une signature, permettant de faire la différence entre une peur aiguë et une peur chronique…à vie.

 

« Nous savons maintenant que l'activité cérébrale dans l'anxiété n'est pas similaire à celle d’une réaction de peur aiguë, explique l’auteur principal de l’étude,  le Dr Elaine L. Bearer, du département de Pathologie. « Avec l'anxiété, l'activité neuronale est élevée dans de nombreuses régions spécifiques du cerveau et la coordination normale entre les différentes zones cérébrales est perdue ».

La pandémie COVID-19 a fait peur à des millions de personnes et cette peur soudaine s’est transformée en troubles anxieux et en angoisses, menaçant aujourd’hui le bien-être mental de centaines de milliers de personnes. Comprendre comment, chez les personnes vulnérables, la peur évolue en anxiété permanente, est essentiel pour la guérison.

Une signature neuronale de la transition de la peur à l'anxiété

Les psychiatres disposent de très peu de données sur les processus dans le cerveau qui suivent une expérience effrayante. On ignore pourquoi certaines personnes vont se remettre très rapidement et pourquoi, chez d’autres, cette expérience va induire des troubles anxieux prolongés dont le syndrome de stress post-traumatique (SSPT).

Chez l’animal, et ici la souris, la peur peut être provoquée par l'exposition à une odeur repoussante, comme celle de certains répulsifs, qui simule une odeur de prédateur. L'équipe a utilisé ce stimulus pour observer, par IRMf, comment évolue l'activité cérébrale évolue d'un sentiment de peur aiguë à l'anxiété chronique. Les chercheurs ont développé une vulnérabilité à l'anxiété en manipulant le transporteur de sérotonine (SERT), qui est la cible principale des drogues psychoactives, dont le Prozac. La suppression de ce gène SERT induit en effet une vulnérabilité à l'anxiété et aboutit à un modèle unique qui permet de mieux comprendre le passage d’une expérience effrayante au développement de troubles anxieux. A l’aide d’analyses informatiques d'images cérébrales, les chercheurs ont produit des cartes d'activité dans tout le cerveau avant, immédiatement et longtemps après une brève exposition à l'odeur effrayante.

Peur ou anxiété chronique ? Cette étude permet d’identifier des différences dans l'activité neuronale dans 45 sous-régions du cerveau. Certaines régions sont activées par l'odeur effrayante, et certaines ne s’activent que plus tard.

  • La vulnérabilité à l'anxiété s’avère enfin corrélée à une activité beaucoup plus importante dans de nombreuses autres régions, dont l'amygdale et l'hypothalamus, déjà documentées comme impliquées dans l’anxiété, mais aussi les circuits de récompense, non-impliqués jusque-là dans l'anxiété.
  • Dans l'anxiété chronique, la coordination entre les différentes zones du cerveau se trouve modifiée, voire désynchronisée ou désordonnée, un état qui constitue selon les scientifiques,

une signature d'anxiété à l'échelle du cerveau.

Ainsi, l'activité cérébrale en cas d’anxiété ou de peur aiguë est nettement différente. Avec l'anxiété, l'activité neuronale est élevée dans de nombreuses régions spécifiques du cerveau et la coordination est perdue. C’est la panique.

Eviter la « bombe à retardement » par des interventions précoces : Le processus a bien été observé lors de la crise du COVID-19 :  le décalage temporel observé chez certains pour la résilience, ou chez d’autres pour l’anxiété, suggère que les mesures précoces prises pour réduire les effets effrayants possibles de la crise, ont réduit aussi la probabilité de progression vers l'anxiété.

Des cibles et des interventions : l'implication de la sérotonine suggère également des cibles pharmacologiques pour réduire le développement de l'anxiété. La méditation, la musique, la poésie, l'exercice et d'autres activités de réduction du stress qui engagent les circuits de récompense devraient également s’avérer efficaces.

« Les interventions précoces auront des avantages durables », ajoutent les chercheurs.

Source: NeuroImage 28 May 2020 DOI : 10.1016/j.neuroimage.2020.116975 Evolution of brain-wide activity in the awake behaving mouse after acute fear by longitudinal manganese-enhanced MRI

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Équipe de rédaction SantélogAoût 30, 2020Rédaction Santé log




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