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CHINAFRIQUE : Où il y a de la volonté il y a du business

Publié le 25 juin 2008 par Adadala
Photo Paolo Woods

Un sujet loin d’être éloigné de nos préoccupations journalières. L’Afrique un continent dévasté à la fois par les guerres, les famines, où business rime avec pitié, c’est sur cette terre qui semble hostile et sauvage à la civilisation dite développée que les Chinois depuis la moitié du XXe siècle ont commencé à entretenir des relations qui aujourd’hui dépassent largement le continent Africain. Si les ressources sont une perpétuelle source de discorde en Afrique, la Chine a offert à l’Afrique la possibilité de pouvoir les négocier. Et le prix en est le développement du continent, longtemps négligé par les puissances coloniales qui sont devenues par la suite les même qui offre l’aide humanitaire tout en la laissant dans ce statut de continent assisté. 
Pour beaucoup, l’Afrique n’a rien à espérer des Chinois… Ils sont comme les autres, ils ne s’intéressent qu’aux ressources naturelles de l’Afrique. La Chine étant le Producteur de l’ensemble des produits mondiaux c’est un fait. Mais il y a une énorme différence de méthodes. En effet, les Chinois ne font pas qu’exploiter, ils s’installent. Ils se donnent les moyens non seulement d’acquérir les marchés en répondant aux appels d’offres, en pratiquant un dumping vis-à-vis à la fois des coûts de fabrications et les coûts de la main d’œuvre. Les occidentaux sont alors obligés d’abandonner la négociation ne pouvant fonctionner avec les mêmes règles. Ils construisent tout ce que les Africains essayent de négocier en vain pour acquérir un minimum d’infrastructures, et pire ils le construisent vite et bien pour pouvoir exploiter les ressources le plus rapidement possible. 
Cette exploitation n’est pas au goût de tout le monde. En effet, la Chine bouleverse les relations géopolitiques du continent. Les Chinois parlent aux Africains d’hommes à hommes alors que la France ou l’Angleterre fonctionnent encore sur une relation colonialiste. On remarquera le piège remarquable de Jacques Chirac laissé à son successeur Nicolas Sarkozy concernant la Côte d’Ivoire. Une claque politique, qui révèle la France comme dépassée sur le continent Africain… Une illusion d’ancienne puissance coloniale qui disparait et où la France se réveille brutalement face à sa situation international. Elle n’a plus la main mise sur un territoire qu’elle considérait sien.
Les Chinois ne font pas qu’exploiter l’Afrique, ils s’installent durablement. Les visas chinois se distribuent à tour de bras pour y envoyer des expatriés qui viennent des campagnes les plus pauvres et ils risquent leurs vies pour une petite fortune qu’on nommerait le salaire de la peur (30 000 € pour mourir sur une mine en Agola par exemple). Les Chinois construisent des infrastructures non par bonté d’âmes, ils ne sont pas là pour l’humanitaire, ni les droits de l’homme. Ils sont bien là pour le business et comptent y rester longtemps. L’Afrique n’est pas seulement une terre de richesses naturelles mais également une terre d’accueil pour les descendants des aventuriers chinois en Afrique. 
A terme, la Chine y voit comme une solution pour y envoyer près de 300 millions de personnes afin de réduire son problème de surpopulation sur son continent. Une invasion ? Non, une relation gagnant-gagnant vous répondront les officiels de Pékin. Comment les Africains voient-ils ces nouveaux venus ? Ils sont partagés ! Ils se méfient car leur méthodes de travail draconiens a de quoi faire peur à n’importe lesquels des travailleurs, locaux ou non. C’est la première fois qu’ils voient des ingénieurs qui ne restent pas dans les bureaux climatisés pour faire semblant de faire marcher une usine en Afrique. Les Chinois sont sur le terrain et ils travaillent d’arrache pied pour finir les travaux à temps. Dans le même temps, les Africains ont besoin de tout ce que les Chinois leur apportent. Car ils fournissent nous seulement matériaux, main d’œuvre mais aussi hôpitaux, infrastructures, et moins glorieux armes, et une certaine non-ingérence dans les affaires africaines.
La Chinafrique est un livre à lire, des photos à découvrir, qui marque le paradoxe d’une rencontre entre des civilisations aussi éloignées que sont la Chine et les pays d’Afrique. Un révélateur de la puissance commerciale chinoise sur des marchés que nous ne considérons pas. Et qui laisse envisager ce qu’ils pourraient faire à terme sur d’autres territoires.

La Chinafrique de Michel Beuret et Serge Michel, photographies Paolo Woods. Editions Grasset & Fasquelle (21 mai 2008)


Pour en savoir plus, un article paru dans Pressafrique.Mes Petites Fables

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