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In the flesh (saisons 1 et 2) avec Luke Newberry, Emily Bevan, Emmett J. Scanlan, Steve Evets, Harriet Cains

Par Kojimaemi

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L'histoire : Quelques années après la première Résurrection, les zombies, ou les malades atteints de PDS (Partially Deceased Syndrom), sont traités et rendus à leur famille. Plus tout à fait mort, pas complètement vivant, Kieren Walker retourne donc à Roarton dans le Lancashire et tente de s'adapter à sa nouvelle vie.

Enfin une approche nouvelle et intelligente du zombie. D'ailleurs, ce mot n'est jamais employé tout au long des neuf épisodes de la série. In the flesh s'intéresse davantage aux conséquences de la Résurrection qu'à des débauches de sang et de boyaux, comme dans The Walking Dead par exemple. Ici, un traitement relativement efficace est trouvé et les PDS sufferers peuvent retrouver un semblant de vie normale. Bien sûr, l'adaptation est difficile et certains acceptent mal de voir les êtres qu'ils combattaient quelques années plus tôt s'intégrer de nouveau dans la société.

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Amy, Kieren et Simon

La saison 1, composée de seulement trois épisodes, montre à travers l'histoire de Kieren Walker les difficultés rencontrées par la communauté de Roarton concernant la réapparition des morts de 2009. Kieren est d'abord obligé de se cacher car ses parents craignent des représailles de la part d'anciens combattants. Il lutte aussi contre ses démons intérieurs au gré des différents flashbacks qui lui rappellent qu'il a été un monstre. Dans la saison 2, les personnes atteintes de PDS sont relativement bien intégrées mais le fragile équilibre est aussi bien menacé par la politique menée par Victus et sa représentante à Roarton, Maxine Martin, que par le groupe radical ULA (Undead Liberation Army). Bien qu'elles soient assez différentes, les deux saisons sont fascinantes. La première est plus intimiste et se concentre sur les individus et leur ressenti, notamment les familles Walker et Macy. La seconde met en scène des enjeux plus importants qui permettent d'évoquer le terrorisme, les systèmes totalitaires, voire même les expériences nazies sur des prisonniers. Car on peut voir au-delà du mort vivant et considérer que l'intrigue tourne autour d'une minorité qui effraie les populations. Le mépris, voire la haine, dont sont victimes les "partiellement décédés" rappelle aisément l'antisémitisme latent des années 1930. Tout comme la radicalisation de certains non morts, ponctuée d'actes suicidaires et meurtriers, rappelle parfois des actions terroristes récentes.

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Rick et Bill Macy

Le premier point positif vient du cadre. Très loin des grandes étendues américaines désertées de The Walking Dead, l'action d'In the flesh se déroule dans un bled paumé du Lancashire, en plein milieu de l'Angleterre rurale. Au milieu des bois et des champs se blottit la bourgade de Roarton, composée de maisons typiquement anglaises en pierre sombre et de petits lotissements plus récents. La ville est gouvernée par un conseil présidé par le pasteur et l'attraction du coin reste le pub. Tout ceci respirerait une réalité banale s'il n'y avait pas Kieren et ses amis pour détonner dans le paysage. Ce qui m'amène au deuxième point positif : les personnages. Le cadre restreint permet de mettre en scène presque tous les personnages qui vivent dans la communauté sans les caricaturer. Il y a la famille Walker, déchirée par le retour de Kieren alors que leur fille cadette, Jem, est un des membres les plus actifs du HVF (Human Volunteer Force qui est chargée de tuer les zombies) ou encore la famille Macy, dont le père refuse de voir que son fils Bill souffre de PDS. La deuxième saison permet à certains personnages de prendre plus d'ampleur, comme Philip Wilson, d'abord dépeint comme un jeune homme influençable qui va faire preuve d'un courage qu'on ne soupçonnait pas chez lui. Malgré leurs failles, leurs faiblesses, il y a peu de protagonistes véritablement détestables.

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Dans ceux que je préfère, il y a Kieren, bien évidemment. Parce que même s'il est un peu passif et naïf, il sait s'affirmer quand il le faut. Il y a aussi Amy, une jeune fille très fantasque et drôle qui se sert de sa nature enjouée pour dissimuler une part de tragique, Philip Wilson que j'ai déjà évoqué et ... Simon Monroe. Il n'apparaît que dans la deuxième saison mais devient vite un élément central de la série par la nature tranquille de son charisme. Au premier abord, il semble être froid et manipulateur mais c'est pour mieux se protéger. Cependant, pour être plus proche de Kieren, il accepte par moments de laisser tomber le masque. Le casting est comme Roarton. Banal, très loin des stéréotypes diffusés par les séries américaines, et excellent. Les acteurs sont sobres, simples, intenses quand il le faut, toujours crédibles. Et surtout, ils parviennent à montrer ce qui n'est pas dit. Et qui ne sera jamais dit. Ce n'est pas par besoin de cacher la nature des personnages qu'ils incarnent, ou la nature de leurs relations, mais par nécessité de ne pas être catalogué ou rangé dans une case à cause d'un mot. Et ça fait du bien de voir ça.

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J'ai adoré cette série qui nous emmène loin de la vision gore et habituelle du zombie. Les interrogations qu'elle suscite autour de la réhabilitation et l'intégration des PDS sufferers se rapprochent de celles soulevées par Real Humans, ce qui autorise une deuxième lecture autour d'un simple divertissement. Mon seul bémol : In the flesh n'a pas été renouvelé par la BBC et même si l'intrigue de la saison 2 est bouclée, je suis tellement déçue de ne pas pouvoir retrouver les personnages. Il reste un espoir avec les pétitions adressées à Amazon et Netflix (pétitions qui ont déjà permis à Ripper Street de renaître de ses cendres pour une ultime saison)


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