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Un gros mot, du suspense, du fight, des éléments qui se déchaînent: bienvenue dans la théophanie d'Elie.

Par Tellou

elie 2

1 Ro 19,11

11 Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ;

12 et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.

13 Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? »

Dans la série « expliquons les gros mots cathos », aujourd’hui nous avons « théophanie ». Oui, je sais c’est barbant, mais des fois ça fait du bien quand même de se coltiner des définitions et des remises en contexte avant de plonger dans ledit texte. Et puis, quand on se couchera ce soir, on sera un peu moins bête, et c'est toujours ça de gagné.

Donc aujourd’hui, la théophanie d’Elie, et puis à venir un autre jour, dans une catéchèse impertinente, une blablaterie sur le texte. Hop c’est parti.

Dans les traditions juives et chrétiennes on appelle théophanie le fait qu’il est donné à certaines personnes de voir Dieu ou l’une de ses manifestations. Du grec « theos » = Dieu et « phanein » = apparaître ou se manifester. La théophanie par excellence est celle de Moïse, que ce soit dans le buisson ardent (le barbecue qui ne s’éteint jamais), mais aussi directement puisque Moïse est le seul avec qui Dieu parlait « face à face, comme on se parle d’homme à homme » (Ex 33, 9). Dans le nouveau testament, le baptême de Jésus (avec les cieux qui s’ouvrent, l’Esprit qui descend et la voix) est aussi une théophanie.

Revenons donc ici à la théophanie d’Elie. Un peu de contexte ne va pas faire de mal…

En 933 av JC, le royaume de Jérusalem, unifié sous David et Salomon est scindé en deux royaumes (à cause de bisbilles entre les rejetons de Salomon). Le Royaume de Juda, ou Royaume du sud a pour capitale Jérusalem et les rois sont les descendants de David. Les rois restent garants de la foi au Dieu unique. Isaïe sera un prophète du royaume du Sud.

Le royaume du Nord ou royaume d’Israël a pour capitale Samarie et est un royaume prospère. Il englobe 10 tribus d’Israël et d’autres tribus résidentes déjà sur ces terres et qui vénèrent des idoles que l’on appelle « baals ». Ces derniers représentent les forces de la nature divinisées qui sont censées donner fécondité non seulement aux terres mais aussi aux animaux. Ainsi, deux « religions » cohabitent plus ou moins : la religion tournée vers le Dieu Yahvé et celle dévouée aux baals. La tentation d’idolâtrie est grande, surtout quand on a besoin de réponses immédiates : un champ à ensemencer et à récolter, des guerres à gagner…

Elie est un prophète du royaume du Nord au 9e siècle av JC sous le règne du roi Achab. Ce dernier a épousé la reine Jézabel, fille du roi de Tyr qui a amené avec sa dot sa religion dédiée aux idoles. Dans ce royaume c’est le prophète et non plus le roi qui va être garant de la foi et de l’attachement au Dieu unique. Le prophète n’est donc pas tant quelqu’un qui annonce quelque chose à venir, mais une personne qui parle au nom de Dieu. Une personne qui a reçu l’appel de Dieu, y a répondu et est ainsi en quelque sorte son porte-voix.

Elie va donc tout faire pour ramener le peuple d’Israël qui s’égare à vénérer les idoles, à la foi en Dieu. Sans partage. Avec le roi Achab s’ensuit un « combat de coqs » à coup de Dieux. C’est le sacrifice du mont Carmel ou Dieu va faire étalage finalement de sa puissance : lors d’un sacrifice de taureaux des miracles arrivent, le feu éclate, et forcément les gens reconnaissent la puissance de Dieu et se re-convertissent. (enfin pas tous, d’où le découragement d’Elie). Et puis, histoire de faire bonne mesure, on rajoute un petit massacre des prêtres des baals. Puis Dieu déclenche aussi pluie et tempête sur le roi. On a la totale. Tout ça est très efficace mais pas joli-joli. Notez qu'on peut être prophète et néanmoins grand massacreur :(

Jézabel, la femme d’Achab est un tantinet énervée de tout se raffut et du meurtre des prêtres et promet de tuer Elie qui n’a d’autre solution que de s’exiler au désert. Où il va rencontrer Dieu. Mais cette fois-ci pas dans le tonnerre, le vent, le feu, mais dans une brise légère. 

A suivre donc….

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