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Echos du Palet : focus sur le métier d'agent sportif Part. II

Publié le 08 décembre 2011 par Guillemette
Les clubs avaient jusqu'au 15 novembre pour effectuer des transferts. Qui dit transfert, dit agent sportif. Glacenews s'est donc penché sur ce métier de l'ombre, méconnu du grand public, en compagnie de Stéphane Baills, dirigeant de l'agence sportive Metanovas. Aujourd'hui, le second et dernier volet de ce reportage est consacré aux contrats et au droit du travail.
Guillemette Flamein : de quelle façon intervenez-vous auprès des clubs ?
Stéphane Baills : à cette époque de l'année, mon travail consiste à récupérer des informations pour avoir les tendances pour la saison prochaine auprès des présidents, des entraîneurs, des joueurs. Je dresse un premier bilan avec les sportifs représentés par l'agence pour faire des projections sur l'année à venir. Je fais le point également avec eux sur leur situation contractuelle pour savoir si le contrat signé est respecté, ce qui n'est pas évident.
G . F. : en quoi n'est-ce pas évident ?
S. B. : un sportif professionnel est soumis au droit du travail qui, dans le sport, est régulé par la convention collective nationale du sport. Un contrat se termine le 30 avril, ce qui est la loi dans ce domaine. Une saison, c'est-à-dire une année sportive, dure du 1er mai au 30 avril. Certains ne respectent pas cet engagement et font signer des contrats du 1er septembre au 31 mars ! En pratique, l'on trouve encore des contrats non conformes à la réglementation. On peut observer des différences entre le contrat tel qu'il a été signé et son exécution.
G. F. : pourquoi la réglementation n'est-elle pas respectée ?
S. B
. : par ignorance, par négligence, par refus aussi d'admettre que c'est la loi. Dans ce dernier cas, on me rétorque qu'on n'est pas au foot ! C'est dommageable pour le développement de notre sport et pour tout le monde : pour la fédération et pour ce qu'elle représente, pour les clubs et pour les joueurs qui sont abusés.
Cette négligence générale sur l'aspect social impacte directement les jeunes Français car il n'y a pas encore suffisamment d'efforts de fait sur la formation et encore moins sur la post-formation. Cette négligence est symptomatique d'un manque de formation et d'éducation des jeunes joueurs français. On continue de nous mépriser nous-mêmes, de mépriser notre discipline par incompétence. On est loin nous, l'ensemble des acteurs du hockey sur glace, d'être dans une dynamique d'équipe positive. Tout cela manque de cohérence profonde.
G. F. : quels clubs respectent le droit du travail ?
S. B. : je travaille avec des clubs de ligue Magnus et de division 1 (liste des clubs sur le site de l'agence Metanovas). La quasi-totalité des joueurs que je représente a obtenu un contrat qui respecte dans les grandes lignes la convention collective nationale du sport, mais pas à 100% comme il le faudrait. Cependant, la quasi-totalité des clubs avec lesquels je travaille ont avancé sur ce point.
Si l'on veut créer une ligue professionnelle en France, les clubs employeurs seront de toute façon obligés de respecter le droit du travail et d'appliquer la convention collective nationale du sport. Ce que je souhaite, c'est que cette dynamique sociale nous amène à établir une charte des métiers du hockey sur glace, qui sera peut-être un jour reconnue comme comme convention collective du hockey sur glace, à l'image de celle qui existe dans le football.
G. F. : quelle vision du hockey français avez-vous aujourd'hui ?
S. B. : il y a une nécessité d'augmenter sensiblement le nombre de matches en championnat régulier. Concernant les joueurs, s'il y a renfort, je pense qu'il faut être beaucoup plus exigeant sur le recrutement et le niveau de jeu des joueurs qu'on fait venir. Il y a de très bons joueurs étrangers avec d'excellents CV qui apportent beaucoup au championnat. Mais il est également plus facile d'en recruter d'autres, beaucoup moins bons, au lieu de recruter un jeune Français et de prendre le temps d'en faire un joueur aguerri, apte pour le plus haut niveau !
Nous ne sommes pas des bâtisseurs. Aujourd'hui, on ne construit rien du tout quand on a 12 étrangers dans une équipe. Cependant, cela peut plus ou moins se justifier, comme à Morzine, par exemple. Là encore, c'est la responsabilité des employeurs. On va à la facilité par manque d'ambition. Non seulement on joue peu de matches, mais aussi on investit insuffisamment sur la formation.
G. F. : quelles solutions proposez-vous ?
S. B.
: le spectacle, comme certains le disent, n'est pas l'objectif prioritaire. Le spectacle viendra avec l'homogénéité de la ligue Magnus et sa capacité à se renouveler. Je pense que l'on peut avoir des équipes compétitives et donc spectaculaires, qui ne comptent que 5, 6 ou 7 étrangers de bon niveau. On n'a pas besoin de renforts "discount". D'un point de vue structurel, je crois en l'avenir avec une ligue Magnus, une D1 un peu élargie et une structuration globale de la D2 avec la D3. Travailler sur l'aspect social ainsi que sur la formation des joueurs et des cadres : là sont les solutions.
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